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Iran: le rôle de la France dans l'échec des négociations

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, arrivant à l'Elysée, le 17 novembre 2012.

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, arrivant à l'Elysée, le 17 novembre 2012. - -

Après trois jours de discussions à Genève, l'Iran et six puissances mondiales se sont quittés sans accord sur le programme nucléaire iranien. Quel rôle la France a-t-elle joué dans cet échec?

La France a-t-elle cherché à faire dérailler les négociations de Genève? Sans doute pas. Elle a fait la difficile dans les négociations, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius quittant Genève un peu avant l'heure, donnant l'impression de vouloir stopper une reddition occidentale. Un genre de mini-Munich, c'est-à-dire que la France aurait empêché ses partenaires occidentaux - États-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne - d'être trop conciliants.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu est ravi, les sénateurs faucons de Washington, John McCain et Lindsey Graham, également. "Vive la France" entend-on dans certaines bouches.

Laurent Fabius est-il sincère lorsqu'il se retrouve seul contre tout ce monde, soutenu uniquement par ceux-là ? Un arrangement de style "good cop, bad cop" a peut-être été trouvé. La France joue la ligne dure, les Etats-Unis jouent la suprise, l'Iran se montre offusqué.

Une nouvelle rencontre à Genève le 20 novembre

D'ici le 20 novembre, l'ont se rencontrera de nouveau à Genève. Toutes les capitales occidentales, dont Paris, estiment qu'un accord sera alors possible. Et dès le 10 novembre, le directeur général de l'Agence Internationale de l'Énergie atomique se rend en Iran, pour négocier l'on ne sait trop quoi, tellement il y a de secret pour l'heure. Évidemment, l'AIEA va peaufiner les procédures de vérification de l'industrie nucléaire iranienne, ces procédures qui seules permettront d'avoir la certitude qu'une bombe atomique n'est pas au menu.

En toute probabilité, l'épure d'un accord existe déjà, mais il fallait un mélodrame pour que la chose devienne crédible à Jerusalem, à Téhéran, à Washington. À Paris, curieusement, cette négociation avec l'Iran ne produit pratiquement aucune pression politique sur François Hollande. C'est Barack Obama, et Hassan Rohani le président iranien, qui sont sous pression du côté de leurs élus.

Harol Hyman