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Nucléaire iranien: aucun accord mais la France critiquée

Laurent Fabius

Laurent Fabius - -

La détermination de Paris à clarifier certains points à fini par irriter certaines délégations. L'"occasion exceptionnelle" vantée par le président Rohani est passée, une nouvelle rencontre est prévue le 20 octobre prochain.

Trois jours de discussions mais pas d'accord sur la question du nucléaire iranien. Les trois jours d'intenses négociations entre l'Iran et six puissances mondiales se sont achevées dimanche aux premières heures à Genève sans déboucher sur un accord sur le programme nucléaire iranien. En creux, la crainte d'une volonté d'accès à l'arme atomique par l'Iran fait perdurer les réticences.

Nénamoins, une nouvelle réunion a été programmée le 20 novembre avec la volonté d'aboutir, ont annoncé la chef de la diplomatie de l'Union Européenne Catherine Ashton et le ministre iranien des Affaires Etrangères Mohammad Javad Zarif.

Le secret des débats

La réunion était portée par de grands espoirs, afin de capitaliser sur la politique d'ouverture vers l'Occident et les Etats-Unis amorcée depuis son élection en juin par le président iranien Hassan Rohani. Ce dernier espère mettre rapidement fin à dix ans de tension sur ce dossier nucléaire, avec l'objectif d'alléger puis d'obtenir la levée des sanctions qui étouffent l'économie de son pays.

Mais les négociations ont buté les deux derniers jours sur les exigences de clarification de certains participants, en particulier la France, dans la rédaction d'un accord temporaire de six mois, première étape "vérifiable" vers un accord permament.

Le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie Chine, France Grande-Bretagne plus l'Allemagne), l'Iran et l'UE se sont engagés à ne rien dévoiler du contenu de leurs discussions par souci d'efficacité.

Le rôle de la France

Des garanties étaient notamment demandées sur certains volets du programme, dont le sort du réacteur à eau lourde d'Arak, en construction pour être fonctionnel l'été 2014. Restent également en suspens les questions liées à la fabrication de plutonium, l'enrichissement de l'uranium à 20% étape obligée pour passer ensuite rapidement à 90% pour usage militaire, le parc de 19.000 centrifugeuses et la fabrication d'une nouvelle génération de centrifugeuses cinq fois plus rapides.

En échange l'Iran pouvait espérer un allègement "limité et réversible" de certaines sanctions. En particulier celles qui ont abouti au gel des avoirs iraniens dans des banques de pays tiers mais pas aux Etats-Unis, les sommes en jeu représentant des dizaines de milliards de dollars, selon des experts.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a été le premier à annoncer l'absence d'accord, soulignant qu'il restait beaucoup de chemin à faire. Cette détermination a fini par irriter certains diplomates qui sous couvert d'anonymat n'ont pas caché leur agacement aux journalistes.

"Les Américains, l'Union européenne et les Iraniens ont travaillé de façon intensive pendant des mois sur cette proposition et ce n'est rien de plus qu'une tentative par Fabius de se donner de l'importance tardivement", a ainsi déclaré à des journalistes un diplomate occidental.

Une "occasion exceptionnelle"

De Téhéran, le président Hassan Rohani, dans un efforf de dernière minute a appelé à ne pas manquer cette "occasion exceptionnelle" d'avancer, après dix ans de confrontation, sans succés. L'échec ne semble pourtant pas irrémédiable de l'avis des participants, qui ont tous salué dans la nuit de samedi à dimanche les progrés réalisés.

Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien, très investi dans la négociation, a affirmé ne "pas être déçu" en dépit de l'absence d'accord. "Nous travaillons ensemble et heureusement nous allons être capables de parvenir à un accord quand nous nous rencontrerons à nouveau", a-t-il dit, avec un sourire un peu forcé.

John Kerry a de son côté salué "les progrès accomplis" dans les négociations, estimant qu'on était maintenant "plus proche d'un accord".