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Après le décret Trump, des Irakiens et Iraniens empêchés de prendre un vol vers les Etats-Unis

La famille irakienne disposait d'un de visas pour les Etats-Unis (photo d'illustration)

La famille irakienne disposait d'un de visas pour les Etats-Unis (photo d'illustration) - Joe Raedle, GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives

Une Iranienne étudiant en Californie a notamment été empêchée d'embarquer pour rentrer aux Etats-Unis.

Après le décret du président américain Donald Trump sur l'immigration, une famille irakienne a été empêchée d'embarquer à bord d'un vol vers New York. Ce texte interdit l'entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de sept pays musulmans, ont indiqué des responsables de l'aéroport.

Un couple et leurs deux enfants qui avaient réservé des billets sur un vol de la compagnie EgyptAir au départ du Caire ont été informés qu'ils ne pouvaient pas embarquer en raison des nouvelles règles en vigueur aux Etats-Unis, ont indiqué à l'AFP ces responsables. Selon eux, cette famille disposait cependant de visas pour les Etats-Unis. A Téhéran, les médias ont aussi rapporté plusieurs cas d'Iraniens qui n'ont pas pu embarquer vers les Etats-Unis. 

Une Iranienne étudiante en Californie empêchée d'embarquer

Une Iranienne, étudiante en gestion en Californie, devait retourner le 4 février aux Etats-Unis.

"J'avais un billet sur Turkish (Airlines) le 4 février prochain, mais il a été annulé", a-t-elle déclaré à l'AFP sous couvert de l'anonymat. 

L'Iran et les Etats-Unis n'ont plus de relations diplomatiques depuis plus de 37 ans, mais environ un million d'Iraniens vivent aux Etats-Unis, selon les estimations officielles iraniennes. De nombreux Iraniens se rendent également chaque année aux Etats-Unis pour voir leur famille. Téhéran a d'ailleurs annoncé ce samedi qu'il allait appliquer la réciprocité pour les Américains désirant se rendre dans le pays. 

Sept pays concernés

La Maison Blanche a annoncé vendredi avoir interdit pendant trois mois l'arrivée de ressortissants de sept pays musulmans: Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. Exception sera faite pour les ressortissants détenteurs de visas diplomatiques et officiels et qui travaillent pour des institutions internationales. Mais beaucoup craignent que cette mesure affecte des étudiants, des universitaires ou des chercheurs se rendant régulièrement aux Etats-Unis dans le cadre de leur travail ou de leurs études. 

Le président Donald Trump justifie cette mesure controversée en affirmant qu'elle vise à lutter contre les "terroristes islamistes radicaux". La mesure a été très critiquée par les démocrates ainsi que par des organisations de défense des libertés civiles et des droits de l'Homme.

Plusieurs compagnies aériennes appliquent la mesure

Les responsables de la compagnie EgyptAir n'étaient pas joignables immédiatement pour commenter et le site de la compagnie ne donnait aucune précision sur les nouvelles règles en vigueur pour les voyages aux Etats-Unis. La compagnie Qatar Airways a indiqué que les citoyens des sept pays concernés par la décision américaine pourront toujours embarquer vers les Etats-Unis s'ils y possèdent un permis de résidence permanent. 

Des responsables de deux agences de voyage ont affirmé avoir reçu des instructions de la part des compagnies Emirates, Turkish Airlines et Etihad Airways, de ne plus vendre de billet à des Iraniens ayant un visa américain car ces dernières refusent de les embarquer à bord.

La société aérienne néerlandaise KLM a également refusé d'embarquer sept personnes à bord de ses avions vers les Etats-Unis. Sur les sept personnes, cinq ont pu être prévenues avant leur embarquement, d'après une porte-parole de KLM, Manel Vrijenhoek, qui a refusé de donner des détails sur la nationalité de ces voyageurs, leur aéroport d'origine ou leurs destinations. 

"Nous aurions bien aimé les faire voyager avec nous mais cela n'a pas beaucoup de sens, l'entrée du pays leur aurait été refusée", a-t-elle affirmé à l'AFP.

M.L. avec AFP