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Mossoul: Daesh écrase un complot en son sein

Un soldat kurde posté dans la région de Mossoul.

Un soldat kurde posté dans la région de Mossoul. - SAFIN HAMED - AFP

Daesh a exécuté 58 personnes, accusées d'avoir voulu fomenter une rébellion pour faciliter la prise de la ville par l'armée irakienne. A l'approche du siège de la ville, l'organisation terroriste est désormais contestée dans les territoires qu'elle contrôle.

Ce mois d’octobre pourrait voir le déclenchement de la grande offensive de la coalition pour reprendre à Daesh la ville de Mossoul, la deuxième d’Irak. Si l’organisation terroriste perdait cette place au profit des forces gouvernementales irakiennes, de divisions kurdes et d’unités chiites ou sunnites, elle verrait son pouvoir dans la région largement entamé.

Cette perspective semble créer un vent de panique au sein des rangs de Daesh, jusqu’à l’intérieur de Mossoul. Des officiels irakiens, cités par l’agence Reuters, assurent en effet que Daesh a eu à réprimer un complot en son propre sein la semaine dernière.

La volte-face d'un ponte de Daesh

Ces membres des autorités irakiennes disent appuyer leurs déclarations sur les témoignages d’habitants de la ville, depuis les quelques endroits de l’agglomération où les téléphones peuvent encore fonctionner.

L’insurrection avortée doit beaucoup à la volte-face d’un des officiers de l’Etat islamique, décrit comme un proche du "calife" al-Baghdadi. Soucieux de changer de camp au bon moment et ainsi d’aider la coalition à s’emparer de Mossoul, ce familier du chef de Daesh a conçu l’idée d’une rébellion qui éclaterait peu avant le siège pour affaiblir la défense de la ville.

Son plan était déjà bien avancé lorsqu’un des conjurés a été arrêté avec un message relatif à un transfert d’armes sur son téléphone portable. Interrogé par la police de Daesh, l’homme a fini par donner l’emplacement de ces stocks, disposés en trois lieux différents. Le 4 octobre dernier, ces armes ont été saisies au cours d’un raid des membres de Daesh.

Une hostilité montante

Cinquante-huit personnes, accusées de trahison par les terroristes, ont été exécutées par noyades avant d’être enterrées dans une fosse commune à l’extérieur de la ville, selon des faits rapportés par des habitants de Mossoul.

Ces exécutions révèlent l'hostilité montante au sein-même de l’organisation contre certains cadres de la direction. Le tour de vis de Daesh auprès de ses troupes après l’échec de cette rébellion se lit aussi dans une dernière mesure. Muhsin Abdul Karim Oghlu a été promu pour assister Ahmed Khalaf Agab al Jabouri, le gouverneur de Mossoul. Oghlu était jusque là le chef d’une unité de snipers. Le message est clair: l’organisation ne compte rien lâcher.

Robin Verner