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Meurtre de Khashoggi: le chef de l'ONU appelé à lancer une enquête internationale

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 15 décembre 2014 lors d'une conférence de presse à Manama, à Bahreïn

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 15 décembre 2014 lors d'une conférence de presse à Manama, à Bahreïn - MOHAMMED AL-SHAIKH, AFP/Archives

Environ neuf mois après la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, une experte des droits de l'Homme de l'ONU appelle le chef des Nations unies à ouvrir une enquête sur de hauts responsables saoudiens, dont le prince héritier, suspectés d'être mêlés à son assassinat.

Selon, Agnès Callamard, rapporteure spéciale de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, des preuves suffisantes existent pour ouvrir une enquête sur de hauts responsables saoudiens, y compris le prince héritier, dans l'affaire Khashoggi. 

L'experte de l'ONU appelle le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, à "ouvrir une enquête pénale de suivi sur l'assassinat de Jamal Khashoggi afin de constituer des dossiers solides sur chacun des auteurs présumés". 

Selon elle, le chef de l'ONU "devrait lui-même être en mesure d'ouvrir une enquête pénale internationale de suivi sans qu'un Etat n'ait à intervenir".

De hauts responsables saoudiens seraient au coeur de l'enquête

Après avoir elle-même enquêté pendant six mois sur la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, Agnès Callamard, a indiqué dans un rapport avoir "déterminé qu'il existe des éléments de preuve crédibles, justifiant une enquête supplémentaire sur la responsabilité individuelle de hauts responsables saoudiens, y compris celle du prince héritier" Mohammed ben Salmane, surnommé MBS.

Elle a mis en garde contre "l'importance disproportionnée accordée à l'identification de l'auteur du crime", soulignant que la justice ne doit pas uniquement établir la responsabilité de l'auteur physique du crime.

Une enquête judiciaire "vise également, sinon principalement, à identifier les personnes qui, dans le contexte de la perpétration d'une violation, ont abusé des responsabilités de leur poste d'autorité ou ne les ont pas remplies", fait-elle valoir dans son rapport.

Agnès Callamard, qui comme tous les autres experts indépendants de l'ONU ne parle pas au nom des Nations unies, tient l'Arabie saoudite pour "responsable" de l'"exécution extrajudiciaire" du journaliste et critique du pouvoir saoudien, mort brutalement en octobre à l'intérieur du consulat de son pays à Istanbul.

Ryad a innocenté le prince héritier

Après avoir dans un premier temps nié le meurtre, Ryad avait avancé plusieurs versions contradictoires et soutient désormais que Khashoggi a été tué lors d'une opération non autorisée par le pouvoir.

Selon des informations de presse, la CIA estime que l'assassinat a probablement été commandité par le prince héritier, dirigeant de fait du royaume saoudien.

Dans la procédure lancée devant la justice saoudienne, l'accusation a innocenté le prince héritier et mis en cause plus de 20 personnes, réclamant la peine de mort pour cinq hommes.

Dans son rapport, Agnès Callamard demande également au FBI d'ouvrir une enquête sur le journaliste qui était résident américain.

Aude Solente avec AFP