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May assure que son nouveau gouvernement "mènera à bien le Brexit"

La Première ministre Theresa May a annoncé ce vendredi la formation d'un nouveau gouvernement qui "mènera à bien le Brexit", bien que son parti conservateur ait perdu la majorité absolue à l'issue des législatives de jeudi.

"Je viens d'aller voir Sa Majesté la reine et je vais maintenant former un gouvernement, un gouvernement qui puisse rassurer et faire avancer le Royaume-Uni en ce moment critique. Ce gouvernement guidera notre pays dans les discussions cruciales sur le Brexit qui commenceront dans dix jours et répondra au souhait des Britanniques en menant à bien la sortie de l'Union européenne", a-t-elle déclaré devant ses bureaux au 10 Downing Street, à Londres. 

Appel à la démission

Theresa May s'exprimait à l'issue d'une brève rencontre avec la reine Elizabeth II à qui elle a officiellement demandé l'autorisation de former un nouveau gouvernement. La Première ministre adresse ainsi une fin de non recevoir aux appels à la démission qui ont suivi les résultats des élections législatives anticipées de jeudi, qu'elle avait elle-même convoquées pour renforcer sa majorité, mais qui se sont traduites par un échec politique personnel avec la perte de la majorité absolue.

Pour contrer cet échec, Theresa May espère compter sur le soutien du parti nord-irlandais unioniste DUP, qui a remporté dix sièges pour gouverner. Un soutien qui lui donnerait une très courte majorité absolue. Car si les conservateurs ont fini en tête malgré la perte de 12 sièges, l'opposition travailliste a gagné, elle, une trentaine de sièges, selon les résultats quasi définitifs. De son côté, le parti europhobe Ukip s'est effondré en perdant son unique siège. Son leader Paul Nuttal a annoncé sa démission à la suite de cette défaite. Établi à 68,72%, le taux de participation est le plus élevé pour des élections législatives depuis 1997, même s'il est inférieur à celui du référendum sur la sortie de l'Union européenne de juin 2016. 

Jeremy Corbyn, leader des travaillistes largement réélu dans sa circonscription d'Islington, au nord de Londres, a immédiatement appelé Theresa May à la démission pour "laisser la place à un gouvernement vraiment représentatif". Le vétéran barbu de 68 ans a appelé à "un Brexit qui protège les emplois", assurant que le processus de sortie de l'Union européenne "devait se poursuivre" et que son parti était "prêt à mener les négociations au nom du pays". Au sein même des Tories, l'ancienne ministre Anna Soubry a estimé que la Première ministre devait envisager une démission, soulignant qu'elle se trouvait "dans une situation très difficile".

Les réactions européennes

Les réactions au niveau européen ont été nombreuses depuis l'annonce des projections. Le commissaire européen français Pierre Moscovici a estimé que Theresa May avait "perdu son pari" tandis que son homologue allemand Günther Oettinger, a jugé que Londres était désormais un partenaire "faible" et "mauvais" pour négocier le Brexit. 

De son côté, le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel voit dans ce scrutin le signe d'un désaveu pour Theresa May et sa position pour un Brexit "dur". À Paris, le Premier ministre Edouard Philippe a jugé que ces résultats étaient "une forme de surprise" mais qu'ils ne remettaient pas "en cause" le Brexit. Le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, s'est montré plus conciliant en assurant que Bruxelles attendrait que le Royaume-Uni soit "prêt" avant de débuter les négociations. "Unisson nos efforts pour conclure un accord", a-t-il également ajouté sur Twitter. 

Enfin, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui aussi appelé à faire "le maximum pour éviter" une absence d'accord tandis que le président de la Commission européenne Jean-Claude Junker a mis en garde contre tout "retard supplémentaire" dans les négociations, assurant que la Commission était prête. 

Onde de choc en Écosse

L'onde de choc des législatives a également touché l'Écosse, où indépendantistes du SNP essuient de lourdes pertes, à 35 sièges contre 56 en 2015. "Déçue", la Première ministre d'Écosse Nicola Sturgeon a reconnu que la perspective d'un nouveau référendum d'indépendance de l'Écosse, qu'elle appelait de ses voeux, avait pu handicaper son parti. Elle s'est engagé à réfléchir "à la meilleure manière d'aller de l'avant pour l'Écosse", sans aller jusqu'à sceller le sort de son projet de consultation

Le parti europhile des Libéraux-Démocrates, a gagné 4 sièges et ont prévenu dès jeudi soir qu'il n'y aurait "pas de coalition". Son chef de file, Tim Farron, a déclaré que si Theresa May "avait une once d'amour propre, elle démissionnerait". 

G.D. avec AFP