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Le Français Hervé Gourdel a été exécuté par ses ravisseurs en Algérie

Hervé Gourdel avait été enlevé dimanche soir en Algérie.

Hervé Gourdel avait été enlevé dimanche soir en Algérie. - Famille Gourdel - AFP

L'otage français enlevé en Algérie dimanche, Hervé Gourdel, a été décapité par ses ravisseurs. François Hollande a confirmé l'information mercredi en fin de journée et annoncé la tenue d'un Conseil de défense jeudi à l'Elysée. "La France ne cédera jamais", a assuré le chef de l'Etat.

Hervé Gourdel, l'otage français enlevé dimanche en Algérie, a été assassiné par ses ravisseurs. Le groupe qui le détenait a publié mercredi une vidéo de 4 minutes 46 nommée "Message de sang pour le gouvernement français" montrant son exécution.

François Hollande a confirmé mercredi en fin de journée le décès de ce touriste français.

Hervé Gourdel a été "assassiné lâchement, cruellement", a assuré le chef de l'Etat. Il s'agit selon lui d'un "crime odieux" et "lâche" dont les responsables devront "être châtiés". "La France ne cédera jamais au terrorisme."

"Nous continuerons à lutter contre Daesh (l'Etat islamique)", a continué le chef d'Etat, qui a ajouté que "cette agression contribue à renforcer" sa détermination. François Hollande réunira jeudi un Conseil de défense à l'Elysée.

Par ailleurs, une enquête a été ouverte à Paris pour assassinat, selon une source judiciaire.

Entouré de quatre hommes

La vidéo de l'exécution, diffusée mercredi après-midi, débute par des images de François Hollande prises au cours de la conférence de presse durant laquelle il a annoncé la participation de la France à la campagne de frappes contre l'Etat islamique en Irak.

Elle montre ensuite l'otage, agenouillé et les mains derrière le dos, entouré de quatre hommes armés et le visage dissimulé.

Un des hommes lit ensuite un message dans lequel il dénonce l'intervention des "croisés criminels français" contre les musulmans en Algérie, au Mali et en Irak notamment.

Il affirme qu'au terme du délai accordé à la France pour cesser sa "campagne contre l'Etat islamique et sauver" son ressortissant, le groupe a décidé de le tuer "pour venger les victimes en Algérie (...) et en soutien au califat", proclamé par l'Etat islamique sur les régions qu'il contrôle en Irak et en Syrie.

La vidéo de l'exécution de l'otage n'a pas été authentifiée.
La vidéo de l'exécution de l'otage n'a pas été authentifiée. © Vidéo non authentifiée

"Je suis effondré"

Henri Giuge, le maire de Saint-Martin-Vésubie, le village dans lequel Hervé Gourdel était guide, a réagi mercredi soir à l'annonce de cette exécution. "Mes premières pensées vont à la famille, à son épouse, ses parents, son père, son jeune enfant..." Il a annoncé la tenue d'un rassemblement jeudi à 18 heures dans sa ville, en hommage à la victime.

Déplorant la "barbarie de ces terroristes", le maire s'est dit "effondré": "C'est vraiment injuste (...). Il y a de la colère, je sais la contenir en hommage à Hervé Gourdel." Dans un second temps, Henri Giuge a critiqué l'action du gouvernement. A la question de savoir s'il souhaitait que les drapeaux français soient mis en berne dans toute la France, sa réponse a été claire: "On ne peut pas (le faire) et en même temps n'avoir rien fait pour libérer (l'otage). Peut-être qu'avant tout il ne fallait pas s'engager dans ce conflit (en Irak, ndlr)."

Le Conseil du culte musulman a lui aussi tenu à réagir et s'est dit horrifié. Cette instance de représentation de la communauté musulmane a demandé un "châtiment exemplaire" contre les responsables de ce "crime barbare".

Enlevé dimanche soir

Hervé Gourdel, touriste français de 55 ans, avait été enlevé dimanche à Tizi Ouzou, en Algérie. Le groupe jihadiste Jund al-Khilafah avait revendiqué le rapt dans une vidéo. Ce mouvement lié à l'Etat islamique (ou "Daesh") avait posé un ultimatum de 24 heures à la France pour obtenir l'arrêt des frappes en Irak.

Hervé Gourdel était marié, père d'un fils de 15 ans et était guide de haute montagne. Il était arrivé le 20 septembre en Algérie et avait été enlevé dès le lendemain. Il voulait faire un trekking d'une dizaine de jours dans la région montagneuse et boisée de Kabylie. 

M. K. avec AFP