BFMTV

La campagne d'Hillary Clinton fragilisée par sa pneumonie

Après que sa leader a fait un malaise durant les cérémonies en hommage aux victimes du 11-Septembre, l'équipe d'Hillary Clinton a dû révéler qu'elle souffrait d'une pneumonie. Les conséquences politiques peuvent être lourdes pour elle.

L'élection du successeur de Barack Obama a pris un tour inattendu ce week-end. C’est l’une des amères conclusions que la candidate démocrate Hillary Clinton peut tirer des derniers jours de campagne. Le 9 septembre, jugeant que "la moitié des électeurs de Donald Trump" entrait dans la catégorie du "panier des misérables", l'ancienne secrétaire d'Etat faisait un tollé. Mais deux jours plus tard, alors qu’elle assistait aux cérémonies commémorant les quinze ans de l’attaque du World Trade Center à Ground Zero, elle a été victime d’un malaise. Elle a alors quitté les lieux sans mot dire. Une vidéo l’a depuis montrée titubant au bras d’un membre de son service de sécurité pour monter dans son van et aller se reposer dans l’appartement de sa fille, Chelsea.

De l'eau au moulin des Républicains

Si elle en est ressortie un peu plus tard souriante, assurant que tout était pour le mieux, elle a dû annuler ses déplacements pour les deux prochains jours. Son entourage de la candidate a d'abord évoqué un "simple coup de chaud" (alors que la température ne s’élevait qu’à 27 degrés à New York) avant que son médecin Lisa R. Bardack ne révèle qu’une pneumonie avait été diagnostiquée chez elle deux jours plus tôt.

Cette maladie suit de quelques jours à peine une quinte de toux qui l’avait perturbée au beau milieu d’un meeting le 5 septembre dernier. Surtout, ces épisodes ne peuvent qu’apporter de l’eau au moulin de Donald Trump et ses partisans qui sèment le doute sur l’état de santé d’Hillary Clinton depuis la fin de l’été. Le chef de file des Républicains a notamment assuré que sa concurrente ne disposait pas de "l’endurance" nécessaire pour exercer la fonction suprême. Son soutien, l’ancien maire de New York Rudy Giuliani, a quant à lui affirmé que l’ex-secrétaire d’Etat était malade et que les médias taisaient ce sujet.

Ses partisans craignaient de longue date que sa santé intervienne dans le débat

Aujourd’hui au centre des débats, ses déboires physiques menacent d’altérer la marche de sa campagne. La première conséquence de la maladie sur l’élection est logique. En-dehors de l’annulation de ses rendez-vous ces deux prochains jours, le mal va forcément ralentir l’activité de la candidate plus longtemps encore. Sur l’antenne de BFMTV, le docteur Alain Ducardonnet a expliqué qu’Hillary Clinton devrait au moins aménager son emploi du temps pendant huit jours. Moins optimiste le New York Times assure qu’une personne "dans la force de l’âge" peut déjà mettre "des semaines" à se remettre d’une pneumonie. Or, Hillary Clinton a 68 ans.

Aux Etats-Unis, ce souci médical ne peut qu’en évoquer un autre dans le passé récent d’Hillary Clinton. En décembre 2012, alors qu’elle était secrétaire d’Etat, elle avait dû se reposer pendant trois semaines après avoir été victime d’une commotion cérébrale. Un caillot de sang avait ensuite été détecté dans son organisme et la femme politique avait vu double pendant deux mois. Comme le souligne le Washington Post, certains des partisans d’Hillary Clinton craignent depuis cette crise que son avenir politique soit tout entier compromis par le sujet de sa santé.

L'opacité du camp Clinton agace 

D'autant plus que les medias commencent à se faire plus insistant, notamment parce que le camp Clinton a pris l'habitude d'entretenir le mystère. Cette opacité récurrente dans sa campagne commence même à agacer.

En attendant Donald Trump est habilement resté sur la réserve ce 11 septembre alors que sa concurrente défaillait. Interrogé à ce propos, il a même refusé de commenter. Pourtant, il tient probablement là le prochain axe de sa campagne. En effet, son prochain rendez-vous médiatique est prévu sur Fox News pour une émission... de santé.

Robin Verner