BFMTV

L'ONU dénonce le transfert des jihadistes français détenus au Kurdistan

Des hommes suspectés de combattre pour Daesh arrêtés par les forces démocratiques syriennes à Baghouz le 22 février 2019 (photo d'illustration)

Des hommes suspectés de combattre pour Daesh arrêtés par les forces démocratiques syriennes à Baghouz le 22 février 2019 (photo d'illustration) - Bulent KILIC / AFP

Comme le révèle Le Figaro, la rapporteure spéciale Agnès Callamard dénonce des "violations du droit international" à l'occasion du transfert de treize jihadistes français du Kurdistan syrien vers l'Irak.

C'est un coup de semonce adressé par l'ONU à la France. La rapporteure spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Agnès Callamard, a adressé un courrier au gouvernement d'Édouard Philippe. Elle y dénonce la manière dont s'organise le transfert de treize jihadistes français, impliqués dans des actes de Daesh, du Kurdistan syrien vers l'Irak. 

Révélé par Le Figaro, le courrier évoque "plusieurs violations du droit international". Interrogée par le quotidien, Agnès Callamard affirme s'être entretenue avec des jihadistes français condamnés par Bagdad, où ils encourent "la peine de mort grâce au soutien actif ou passif des autorités françaises".

"La vérité est cachée"

La rapporteure fait référence au fait que, contrairement au Kurdistan, l'Irak pratique toujours la peine capitale. Ce tour de passe-passe reviendrait, selon Agnès Callamard, à condamner à mort les jihadistes "par procuration". D'où sa demande, formulée auprès du gouvernement, de garanties que les ressortissants français ne seront pas exécutés. 

"Il faut mettre un terme à ces transferts. Ce processus ne permet pas une politique de justice pour les victimes de Daesh. La justice n’est pas rendue, la vérité est cachée", déclare la rapporteure auprès du Figaro

Du côté du ministère des Affaires étrangères, quelques pistes seraient à l'étude, mais rien n'est clair pour l'instant. Dans une interview accordée au Parisien en mai, Jean-Yves Le Drian affirmait qu'un "mécanisme juridictionnel spécifique" était envisagé pour traiter le cas de ces jihadistes français. Le locataire du Quai d'Orsay disait vouloir s'inspirer "de ce qui a été fait pour le Kosovo, ou sur le continent africain", sans plus de précisions. Quoi qu'il en soit, l'opinion publique française demeure massivement opposée au retour de ces jihadistes dans l'Hexagone. 

Jules Pecnard