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Les Kurdes autorisent le transfert en France d'un jihadiste suspecté d'être relié à l'attentat de Nice

Suspecté d'être l'une des voix françaises de Daesh, Adrien Guihal est détenu depuis mai 2018 par les forces démocratiques syriennes.

Suspecté d'être l'une des voix françaises de Daesh, Adrien Guihal est détenu depuis mai 2018 par les forces démocratiques syriennes. - AFP PHOTO / HO / SYRIAN DEMOCRATIC FORCES (SDF)

D'après le président du Centre d'analyse du terrorisme dans les colonnes du Journal du dimanche, les forces démocratiques kurdes sont prêtes à "livrer à la France" Adrien Guihal "si la justice française le réclamait".

Réclamé depuis longtemps, le transfert de l'une des voix françaises présumées de Daesh a été autorisé par les forces Kurdes, fait savoir Jean-Charles Brisard, président du Centre d'analyse du terrorisme dans les colonnes du JDD dimanche. Le Français Adrien Guihal est suspecté d'avoir revendiqué l'attentat de Nice, qui a fait 86 morts, 206 blessés le 14 juillet 2016, sur la promenade des Anglais.

Proche des frères Clain

Originaire de Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne), Adrien Guihal, 35 ans, est considéré comme l'un des vétérans du jihad français. Ce garagiste de formation se serait tourné vers l'islam radical dès 2007, notamment en se rapprochant des frères Clain, rapporte LibérationPour protester contre la présence des forces tricolores en Afghanistan, il projette un attentat sur le sol français, ce qui lui vaut un passage par la case prison pendant trois ans. Après avoir fréquenté la mosquée de Stains, provisoirement fermée pour avoir avoir prêché la mouvance salafiste, il rejoint la zone irako-syrienne au printemps 2015.

Sous le coup d'un mandat d'arrêt dans le cadre d'une information judiciaire ouverte depuis juin 2015 à Paris, il est considéré comme la voix francophone de Daesh pour la revendication de l'attaque au camion-bélier de Nice, mais aussi celle des attentats de Magnanville en juin 2016 et de Saint-Etienne-du-Rouvray, un mois plus tard. Il a été capturé par les forces démocratiques syriennes (FDS) lors d'une opération à Raqqa (Syrie), ancien fief de l'organisation terroriste, en mai 2018.

La "clé" pour faire "avancer l'enquête"

Depuis son arrestation, ils sont nombreux à réclamer son rapatriement en France, afin qu'il soit entendu dans l'enquête sur l'attentat de Nice. Le maire de Nice, Christian Estrosi estimait en juillet dernier au micro de Franceinfo que l'individu pourrait être une "clé" permettant de faire "avancer l'enquête" de l'attaque sur la promenade des Anglais. L'édile a d'ailleurs demandé "avec insistance" au parquet antiterroriste d'organiser un interrogatoire le plus rapidement possible:

"Il est du devoir de vérité pour les familles pour la ville de Nice (...) qu'on avance maintenant très rapidement et sans doute il y a une clé sur la connaissance de cet attentat qui passe par Adrien Guihal", a-t-il indiqué.

Livré à la France ou auditionné sur place

Sa demande semble donc avoir été entendue. Jean-Charles Brisard, président du Centre d'analyse du terrorisme, s'est rendu en Syrie en juillet dernier. Là-bas, il a recueilli des informations attestant que les forces Kurdes seraient prêtes à rendre le jihadiste à la France:

"Les autorités kurdes m’ont assuré qu’il serait livré à la France si la justice française le réclamait, et qu’il pourrait être auditionné sur place si les magistrats le demandaient", assure-t-il dans une interview donnée au JDD.

Toujours selon Jean-Charles Brisard, les Kurdes "disposent de très peu de preuves pour régler le cas des étrangers et manquent cruellement de moyens matériels et humains." Il estime donc qu'il serait "préférable" de rapatrier tous nos ressortissants afin de pouvoir les juger dans de bonnes conditions, en France.

Esther Paolini