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George Floyd: face au discours martial de Trump, Biden promet de ne pas "attiser les braises de la haine"

Au lendemain de la prise de parole de Donald Trump, Joe Biden accuse le président américain d'être davantage préoccupé par sa réélection que par le rassemblement d'une Amérique divisée et secouée par les violences, une semaine après la mort de George Floyd.

L'ancien vice-président et probable candidat démocrate à la présidentielle américaine Joe Biden a vivement critiqué la réponse martiale du président Trump aux émeutes qui secouent les Etats-Unis, lors d'une conférence de presse à Philadelphie ce mardi, lui reprochant sa mise en scène près de la Maison Blanche, lorsque Donald Trump a brandi une Bible devant les caméras.

La veille, Donald Trump a pris la parole pour la première fois depuis le début de l'affaire George Floyd, alors que des manifestants réunis devant la Maison Blanche étaient visés par des gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Joe Biden a déclaré qu'il "aurait aimé que Donald Trump ouvre et lise la Bible de temps en temps au lieu de la brandir", comme il l'a fait la veille

"S'il l'avait fait, il apprendrait une chose: que nous sommes tous appelés à nous aimer les uns les autres autant que nous nous aimons nous-mêmes", a poursuivi Joe Biden face à la presse. "Ce n'est vraiment pas chose facile mais c'est ce que doivent faire les Etats-Unis. Trump n'est pas intéressé par ce travail, au lieu de ça il balaie tout ce qui protège notre démocratie".

"Je ne manipulerai pas la peur et la division"

Nous ne "laisserons aucun président nous faire taire", a encore lancé Joe Biden à l'adresse de Donald Trump, avant de poursuivre: "Lorsque des manifestants pacifiques sont dispersés à l'aide de gaz lacrymogènes et grenades flash pour que le président puisse organiser une séance photo sur l'une des plus historiques églises du pays, ou du moins de Washington DC, nous pouvons considérer que le président est plus intéressé par le pouvoir que par les principes. Qu'il est plus intéressé par servir les passions de sa base, que les besoins de ceux dont il est censé s'occuper".

La mort à 46 ans de George Floyd, un homme noir, il y a une semaine à Minneapolis aux mains d'un policier blanc, est un "électrochoc pour notre pays. Pour nous tous", a encore déclaré l'ancien vice-président de Barack Obama.

"Mais je vous promets ceci. Je ne manipulerai pas la peur et la division. Je n'attiserai pas les braises de la haine. Je chercherai à panser les blessures raciales qui ont longtemps gangréné ce pays, et non pas à les utiliser pour des avantages politiques", a-t-il ajouté. 

Joe Biden a dénoncé à plusieurs reprises la mort de George Floyd et le "racisme institutionnel" qui ronge les Etats-Unis. Mais il a aussi appelé au calme et condamné les violences. Lors de sa brève allocution depuis la Maison Blanche la veille, Donald Trump avait annoncé le déploiement de "milliers de soldats lourdement armés" et policiers à Washington, et menacé d'envoyer l'armée dans les Etats où les gouverneurs ne parviendraient pas à rétablir l'ordre grâce à la garde nationale. 

Jeanne Bulant