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Des gaz lacrymogènes tirés devant la Maison-Blanche pour que Trump puisse poser devant une église

Le président américain a posé pour une photographie devant l'église Saint John, dégradée dimanche soir, une Bible à la main.

En réponse aux manifestations qui agitent les Etats-Unis depuis une semaine, après la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, aux mains de la police, Donald Trump a fait des annonces martiales lundi, promettant le déploiement de "milliers de soldats lourdement armés" dans la capitale ainsi que des policiers pour mettre un terme "aux émeutes" et "aux pillages".

Pendant que le milliardaire prononçait ces mots depuis les jardins de la Maison-Blanche, la police a dispersé des centaines de manifestants qui se trouvaient à l'extérieur du bâtiment, à l'aide de gaz lacrymogène. Des manifestants pacifiques, selon le New York Times et BuzzFeed.

Une dispersion "honteuse"

L'objectif de cette manoeuvre était de permettre au président américain de se rendre à pied jusqu'à l'église Saint John, voisine de la résidence présidentielle et surnommée "l'église des présidents", à laquelle des manifestants avaient mis le feu dimanche soir. Donald Trump a gagné l'édifice religieux à pied, aux côtés de membres de son cabinet, et s'y est fait photographier avec une bible à la main.

La scène a duré 17 minutes, rapporte le New York Times, et a provoqué des remous. Muriel Bowser, la maire démocrate de Washington, a dénoncé une dispersion "honteuse". Pour le gouverneur de l'Etat de New York, Andrew Cuomo, cela n'a servi qu'à offrir "une séance photo" au président.

Le diocèse récuse cet usage de la force

"Il n'a pas prié", a réagi l'évêque du diocèse épiscopal de Washington, Mariann E. Budde, auprès du New York Times, assurant que les autorités religieuses n'avaient pas été prévenues de la visite de Trump. Cette dernière a par ailleurs récusé l'usage de la force pour évacuer les manifestants.

"Il n'a pas mentionné George Floyd, il n'a pas mentionné l'agonie des peuples qui ont été victime du racisme et de la suprématie blanche pendant des centaines d'années. Nous avons besoin d'un président qui peut unir et guérir. Il a fait le contraire, nous devons maintenant payer les pots cassés", a ajouté l'évêque.
"La Bible n'est pas un document américain", a également déclaré Mariann Budde, regrettant une opération de propagande. Des propos en substance similaires à ceux relayés sur le compte Twitter du diocèse épiscopal de Washington.
Clarisse Martin avec AFP