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Français enlevé en Algérie: que sait-on du groupe islamiste Jund al-Khilafah?

La vidéo de revendication de Jund al-Khilafah après le rapt du Français Hervé Pierre Gourdel

La vidéo de revendication de Jund al-Khilafah après le rapt du Français Hervé Pierre Gourdel - Capture Youtube - Jund al-Khilafah

Alors que l'armée algérienne avec le soutien de la France poursuit ses recherches à l'est d'Alger pour retrouver l'otage français enlevé lundi dans la région, BFMTV.com fait le point sur l'existence et les motivations du groupe jihadiste Jund al-Khilafah, qui revendique le rapt.

Jund al-Khilafah - les soldats du Califat - a revendiqué lundi l'enlèvement de Hervé Gourdel, un ressortissant français de 55 ans. Il était arrivé samedi en Kabylie, dans le nord de l'Algérie, soit deux jours avant d'être enlevé par le groupe jihadiste.

Dans une vidéo diffusée par Jund al-Khilafah pour annoncer la capture d'un ressortissant français, le groupe jihadiste pose un ultimatum de 24 heures à la France pour l'arrêt des frappes en Irak.

Qui est Jund al-Khilafah?

"Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) est divisé en brigades sur le territoire algérien et les soldats du Califat sont l'une d'entre elles, explique la spécialiste Anne Giudicelli à BFMTV. Eux occupent la région du Nord et du centre du pays, soit la Kabylie et la zone de Tizi Ouzou, celle où a été enlevé le ressortissant français".

Le leader de Jund al-Khilafah serait un ancien chef d'Aqmi nommé Khaled Abu-Suleïman.

Le groupe s'était aussi signalé à la France en revendiquant les actes perpétrés par Mohammed Merah en 2012, sans que ces affirmations soient jugées crédibles. 

Historiquement, le gouvernement algérien s'est montré et se montre très dur face à ces groupes jihadistes qui opèrent sur son sol.

Que va faire Jund al-Khilafah?

Jund al-Khilafah "espère faire ses preuves en jouant la surenchère après son allégeance à Daesh (ou Etat Islamique). Ils veulent une reconnaissance", détaille lui Eric Denécé, du Centre français de recherche sur le renseignement. "C'est une opportunité de se faire bien voir et de récupérer des fonds via l'Etat islamique... peut-être ont-ils même été payés pour se rallier à Daesh et tenter éventuellement de prendre le contrôle d'Aqmi". "EI (l'Etat islamique, Ndlr) a enchaîné les succès et devient ainsi plus attractif", confirme le général Trinquand à BFMTV.

Outre l'ultimatum très court de 24 heures, c'est ce besoin de lumière qui rend les négociations très délicates, dans le cas de l'otage français.

Les Français pris pour cibles en Algérie et ailleurs?

Jund al-Khilafah a "planifié cet enlèvement", estime Jean-Pierre Rouiller, du Centre d'études sur le terrorisme de Genève puisque "à peine le ressortissant français a-t-il posé le pied sur le sol algérien qu'il a été enlevé. On peut supposer qu'il y a eu du renseignement fourni au groupe et que l'otage a été ciblé". "Les autres membres du groupe ont été libérés", pointe d'ailleurs Anne Giudicelli.

"C'est un nouveau front qui s'ouvre et Tizi Ouzou est une zone où il ne faut plus s'aventurer", juge pour sa part le général Trinquand.

Mais alors que 30 pays ont été placés en zone à risque par le Quai d'Orsay pour les Français, Anne Giudicielli tempère: "Malgré le contexte international tendu, le lien n'est pas forcément direct avec l'appel à enlever des Français". "Depuis 2001, on appelle a enlever et à tuer des Occidentaux, rappelle Eric Denécé. Attention aux effets d'annonce car le risque n'est pas plus grand aujourd'hui".

Samuel Auffray