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Ukraine: les habitants de l'Est appelés aux urnes

Un membre de la commission électorale régionale prépare les urnes, le 10 mai, à Donetsk, dans l'Est de l'Ukraine.

Un membre de la commission électorale régionale prépare les urnes, le 10 mai, à Donetsk, dans l'Est de l'Ukraine. - -

Le référendum sur l'indépendance, organisé par les séparatistes pro-russes, s'est ouvert comme prévu, ce dimanche, dans l'Est de l'Ukraine.

Le référendum organisé par les séparatistes pro-russes dans l'Est de l'Ukraine sur l'indépendance des deux régions qu'ils contrôlent s'est ouvert dimanche.

Plus de sept millions d'Ukrainiens de l'Est sont appelés à voter pour décider du sort des régions de Donetsk et Lougantsk, ce qui pourrait déboucher sur la sécession de cette partie du pays. Cette consultation aux conséquences potentiellement historiques est considérée comme illégale par Kiev et la communauté internationale. Elle se déroule en outre sur fonds de nouveaux combats entre l'armée ukrainienne et les rebelles qui tiennent depuis plusieurs semaines la ville de Slaviansk, où l'on vote aussi.

Les bulletins à la vue de tous

A Donetsk, principale ville de la région, avec un million d'habitants, quelques feuilles sont accrochées avec le mot référendum sur les vitres du bureau de l'école numéro 1 sur le boulevard Pouchkine, juste en dessous du drapeau de la République de Donetsk, autoproclamée par les rebelles, bleu et rouge avec l'aigle bicéphale. A l'intérieur de l'école, deux grandes urnes transparentes sont déposées à même le sol. Une dizaine de personnes sont déjà là pour encadrer le vote, de grandes listes électorales à la main.

"Je suis pour la paix et le calme et c'est pour cela que je suis venue voter", affirme Svetlana, médecin de 55 ans, qui dépose son bulletin dans l'urne en même temps qu'une femme et sa fille sortant du même isoloir. Une fois le bulletin dans l'urne transparente, chacun peut sans difficulté lire le choix du votant, les bulletins n'étant pas mis dans des enveloppes.

"Nous venons nous battre pour nos droits et devenir indépendants. Nous sommes heureux qu'on nous donne le droit de nous exprimer. Si nous devenons indépendants, ce sera dur au début mais ce sera toujours mieux que d'être avec des fascistes", affirme Tatiana, 35 ans, fleuriste. Les "fascistes", pour les séparatistes pro-russes de l'est de l'Ukraine, sont les nouvelles autorités pro-européennes de Kiev, arrivées au pouvoir après la contestation qui a renversé en février le président Viktor Ianoukovitch, un proche de Moscou.

Combats à Slaviansk

Quasi-simultanément à l'ouverture du vote, les combats ont repris ce dimanche dans la périphérie de Slaviansk, bastion des insurgés pro-russes encerclé par les forces ukrainiennes qui y ont déclenché début mai une vaste opération militaire.

De nombreuses et très fortes détonations ont ainsi retenti en début de matinée. Après des tirs nourris pendant une grande partie de la nuit, les affrontements ont recommencé dans le village d'Andriïvka, sur la "ligne de front", à l'entrée sud de cette cité de 110.000 habitants encerclée par les forces ukrainiennes qui y ont déclenché depuis début mai une vaste opération "antiterroriste".

La crainte de Kiev et des Occidentaux est de voir se reproduire dans l'Est de l'Ukraine un scénario similaire à celui qui a abouti en mars au rattachement de la Crimée à la Russie, après un référendum du même genre, et s'est traduit par la pire crise diplomatique entre Occident et Russie depuis la fin de la Guerre froide. Les Etats-Unis ont d'ores et déjà réaffirmé samedi soir qu'ils ne reconnaîtraient pas le résultat de ces référendums, "illégaux en vertu du droit ukrainien et (qui) sont une tentative pour créer des divisions et des troubles".

A.S. avec AFP