BFMTV

Ukraine: dialogue de sourds à l'ONU

Une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU s'est tenue en urgence dimanche soir, mais elle a tourné au dialogue de sourds entre Russes et Occidentaux.

Une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU s'est tenue en urgence dimanche soir, mais elle a tourné au dialogue de sourds entre Russes et Occidentaux. - -

La réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, exigée par Moscou après l'"opération antiterroriste" urkainienne, a tourné au dialogue de sourds dimanche soir.

La tension est de nouveau palpable en Ukraine, et la diplomatie ne semble rien régler. Convoquée en urgence sur l'exigence de Moscou , la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU a tourné au dialogue de sourds dimanche soir.

Les Occidentaux ont accusé Moscou d'avoir orchestré la tension dans l'Est de l'Ukraine alors que la Russie a mis Kiev en demeure de "cesser d'utiliser la force contre le peuple ukrainien", alors que le président ukrainien par intérim a annoncé une "oopération antiterroriste de grande envergure" contre des insurgés pro-russes dans l'Est de l'Ukraine.

Une série d'attaques à la frontière russe

"Le sang a déjà été versé et il faut éviter d'urgence une nouvelle escalade", a averti l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine. Il a demandé aux Occidentaux et en premier lieu aux Etats-Unis, de faire pression sur les autorités de Kiev pour qu'elles "cessent d'utiliser la force contre le peuple ukrainien et entament un véritable dialogue".

La Russie a immédiatement répliqué en dénonçant "l'ordre criminel du président Tourtchinov de recourir à l'armée pour réprimer les protestations", tout en jugeant, par la voix d'un porte-parole de sa diplomatie, que "c'est de l'Occident que dépend la possibilité d'éviter une guerre civile en Ukraine".

Une série d'attaques visiblement coordonnées a été lancée samedi dans des villes de l'Est russophone de l'Ukraine, région frontalière de la Russie, par des hommes armés, portant souvent des uniformes sans insignes.

Ce regain de tension a fait craindre que Moscou, qui a massé jusqu'à 40.000 hommes à la frontière, ne saisisse ce prétexte pour une intervention, le président Vladimir Poutine ayant promis de défendre "à tout prix" les ressortissants russes dans l'ex-URSS. Il fait également peser une incertitude sur des pourparlers prévus pour la semaine prochaine afin de tenter de régler la pire crise Est-Ouest depuis la fin de la guerre froide.

Moscou "impliqué" dans les troubles, selon les Etats-Unis

Les événements dans l'Est de l'Ukraine rappellent ceux du mois de mars en Crimée, rattachée à la Russie après l'intervention de groupes armés non-identifiés -des militaires russes selon tous les observateurs- et un référendum controversé.

"Nous ne laisserons pas la Russie répéter le scénario de la Crimée", a d'ailleurs promis Oleksandre Tourtchinov. Le patron de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, et l'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power, qui a menacé Moscou de nouvelles sanctions, ont tous deux fait la comparaison avec la Crimée, dénonçant "l'implication" de Moscou dans ces troubles.

Selon le ministre de l'Intérieur ukrainien, Arsen Avakov, la contre-offensive déclenchée dimanche matin a fait un mort et cinq blessés côté loyaliste et "un nombre indéterminé" de victimes chez les séparatistes. Des manifestations pro-russes, mais aussi pour l'unité de l'Ukraine, ont eu lieu dimanche dans différentes cités de l'Est, selon les autorités régionales.

A. K. avec AFP