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La Suisse adopte l'initiative anti-burqa d'une courte majorité

Une affiche de l'initiative anti-burqa, votée ce dimanche par les Suisses

Une affiche de l'initiative anti-burqa, votée ce dimanche par les Suisses - Fabrice Coffrini - AFP

Le texte, en faveur de l'interdiction de se dissimuler le visage, initialement proposé par le parti populiste de droite UDC, a été soutenu par 51,21% des votants.

Les Suisses ont voté ce dimanche à une courte majorité en faveur de l'interdiction de se dissimuler le visage, un signal contre l'islam radical selon ses partisans, une initiative xénophobe et sexiste pour les autres.

Le texte, initialement proposé par le parti populiste de droit UDC, a obtenu 51,21% des voix et une majorité de cantons, selon les résultats officiels publiés par le gouvernement fédéral. Il a été soutenu par des féministes et une partie des électeurs de la gauche laïque.

"Nous nous réjouissons. Nous ne voulons pas qu'il y ait un islam radical dans notre pays", a lancé le président de l'UDC Suisse, Marco Chiesa sur la chaîne Blick.tv.

Des exceptions prévues pour les lieux de culte

Le texte n'évoque ni la burqa - une large pièce de tissu qui couvre de la tête aux pieds et munie d'une fente grillagée à hauteur des yeux - ni le niqab, qui couvre entièrement le corps et le visage à l'exception des yeux, mais les affiches de campagne ne laissaient pas de doute sur l'objet du referendum.

En votant contre le port du voile intégral dans l'espace public, la Suisse rejoint la France, l'Autriche, la Bulgarie, la Belgique et le Danemark, après des années de débat.

Il sera donc désormais interdit de se couvrir complètement le visage en public -ce qui vaut aussi pour des manifestants cagoulés- mais des exceptions sont prévues pour les lieux de culte par exemple.

Amnesty dénonce une violation de la liberté d'expression et de religion

Ce résultat, "c'est un immense soulagement", a dit Mohamed Hamdaoui, député au Grand Conseil bernois et fondateur de la campagne "A visage découvert" à l'agence ATS. "Ce vote est révélateur d'une prise de conscience", selon ce membre du PS, qui se revendique musulman laïque. C'était "l'occasion de dire stop à l'islamisme" et pas "aux musulmans, qui ont évidemment toute leur place dans ce pays", a-t-il souligné.

"L'interdiction du voile intégral n'est pas une mesure visant la libération des femmes. Il s'agit au contraire d'une dangereuse politique symbolique qui viole la liberté d'expression et de religion", accuse quant à elle Cyrielle Huguenot, responsable des droits des femmes à Amnesty International Suisse, citée dans un communiqué.

Selon les chiffres de l'Office des statistiques de 2019, environ 5,5% de la population suisse est musulmane, essentiellement avec des racines en ex-Yougoslavie, d'où cette tradition vestimentaire est absente.

Selon les opposants, le port du voile intégral n'est pas un sujet en Suisse, où on n'estime qu'à quelques dizaines les femmes ainsi vêtues, en général des converties. Ce sont surtout des riches touristes que l'on voit ainsi vêtues fréquenter les boutiques chics de Genève ou Zürich.

Jé. M. avec AFP