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La Suisse vote ce dimanche sur une initiative anti-burqa

Une affiche de l'UDC, en Suisse, avant le vote sur l'initiative anti-burqa à Lausanne

Une affiche de l'UDC, en Suisse, avant le vote sur l'initiative anti-burqa à Lausanne - Fabrice Coffrini - AFP

Si le "oui" devait l'emporter, la Suisse rejoindrait notamment la France dans la liste des pays européennes qui ont déjà légiférer sur cette délicate question. Mais le scrutin du jour s'annonce très serré.

Le scrutin s'annonçait serré ce dimanche pour l'interdiction de se dissimuler le visage en Suisse, qui vise les rares femmes qui portent le niqab dans le pays alpin. Si le "oui" devait l'emporter, la Suisse rejoindrait la France, l'Autriche, la Bulgarie, la Belgique et le Danemark en bannissant le voile intégral, après des années de débat.

Mais l'issue du scrutin est très incertaine, note Claude Longchamp, un politologue suisse sur son site Zoonpoliticon.ch. Cela devrait être "un résultat serré avec un léger avantage au 'non'", analyse Claude Longchamps en se basant sur les diverses études d'opinions publiées ces dernières semaines.

Les premières projections seront disponibles peu après la fermeture des bureaux de vote à 12 heures. La grande majorité des Suisses votent à l'avance.

"Stopper l'islamisme radical"

Le texte proposé par le parti populiste de droit UDC n'évoque ni la burqa - une sorte de longue pièce de tissu qui couvre les femmes de la tête aux pieds et munie d'une fente grillagée à hauteur des yeux - ni le niqab, qui couvre entièrement le corps et le visage à l'exception des yeux, mais les affiches de campagne ne laissent pas de doute sur la cible.

"Stopper l'islamisme radical ou "Stopper l'extrémisme", peut-on lire sur les affiches qui montrent des femmes en niqab.

Si le "oui" devait l'emporter, il sera alors interdit de se couvrir complètement le visage en public, mais des exceptions sont prévues pour les lieux de culte par exemple.

"En plus d'être inutile, ce texte est raciste et sexiste", a déclaré à l'AFP Ines El Shikh, porte-parole du collectif de féministes musulmanes "Les foulards violets". Selon elle, le projet de loi crée l'illusion d'un problème là où il n'y en a pas et concerne quelques dizaines de femmes seulement.

Sur son compte Twitter, Amnesty Suisse clamait le 5 mars: "plus que deux jours avant la #votation. Peu importe où, mais c'est MAINTENANT qu'il faut voter NON à l'initiative anti- #burqa" emoji coup de poing à l'appui.

"La cible de l'initiative, ce ne sont pas les musulmans, nous ne remettons pas en cause leurs pratiques religieuses", a affirmé Jean-Luc Addor, le porte-parole du "oui" et membre de l'UDC. Pour lui, il s'agit de défendre "les valeurs de notre civilisation".

Un problème qui n'existe pas?

Le gouvernement fédéral et le parlement s'opposent à cette mesure en arguant que l'initiative s'attaque à un problème qui n'existe pas. Leur contre-proposition - qui serait immédiatement adoptée en cas d'échec du oui - obligerait les gens à montrer leur visage à partir du moment où les autorités l'exigent à fin d'identification, aux frontières par exemple.

Des amendes allant jusqu'à 10.000 francs suisses (un peu plus de 9000 euros) peuvent être infligées aux contrevenants. La très grande majorité des femmes qui portent le niqab sont des touristes. Il n'était pas rare avant la pandémie de coronavirus de les apercevoir dans les boutiques de luxe du centre de Genève ou à Zürich en train d'y faire des emplettes.

Jé. M. avec AFP