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Le Brexit n'est pas "un divorce à l'amiable", prévient Jean-Claude Juncker

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, le 24 juin 2016 à Bruxelles.

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, le 24 juin 2016 à Bruxelles. - John Thys - AFP

Lors d'une interview à la télévision allemande vendredi, le président de la Commission européenne n'a pas mâché ses mots, au lendemain du vote britannique en faveur du Brexit.

Alors que les Britanniques ont voté en majorité pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, les chefs d'Etats et dirigeants européens tentent de rassurer sur l'avenir de l'Union. Déception et amertume transparaissent cependant des déclarations, et lors d'une interview à la télévision allemande vendredi soir, le président de la Commission européenne n'a pas mâché ses mots.

"Ce n'est pas un divorce à l'amiable", a déclaré Jean-Claude Juncker à propos du Brexit. "Mais ce n'était pas non plus une grande relation amoureuse", a-t-il estimé, évoquant les relations parfois compliquées entre le Royaume-Uni et l'Union, qui se sont concrétisées avec ce référendum. 

Ne pas attendre la démission de Cameron

Jean-Claude Juncker a insisté sur sa volonté d'engager rapidement les négociations de sortie du Royaume-Uni, alors que la date théorique de ces pourparlers était fixée au mois d'octobre. David Cameron, le Premier ministre démissionnaire, a en effet annoncé qu'il quitterait ses fonctions à cette échéance, et qu'il laisserait à son successeur le soin de négocier le Brexit. 

"Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement britannique a besoin d'attendre jusqu'au mois d'octobre pour décider si oui ou non il envoie la lettre de divorce à Bruxelles. J'aimerais l'avoir immédiatement", a insisté Jean-Claude Juncker.

"Aussi douloureux cela soit-il"

Dans ses critiques envers le chef du gouvernement britannique, le président de la Commission européenne a reçu le soutien de son homologue du Parlement. Martin Schulz a jugé "scandaleux" le choix de David Cameron de démissionner en octobre. Dans une déclaration conjointe faite vendredi avec le président du Conseil européen Donald Tusk, les dirigeants avaient estimé que "tout délai" prolongerait "inutilement" l'incertitude autour du Brexit.

"Nous attendons maintenant du gouvernement du Royaume-Uni qu'il donne suite aussi rapidement que possible à la décision du peuple Britannique, aussi douloureux cela soit-il", ont-ils précisé lors de cette allocution.

Samedi, Jean-Marc Ayrault, le chef de la diplomatie française, a lui aussi dit souhaiter des négociations rapides. 

Ultime provocation de Boris Johnson

Boris Johnson, l'ancien maire de Londres est désormais le possible successeur de David Cameron, et pourrait donc être le principal intéressé dans cette affaire. Avec son goût habituel pour la provocation, il a laissé entendre que les autorités britanniques pourraient faire traîner les choses le plus longtemps possible. Il a assuré que le Brexit se ferait "sans précipitation".

C.V. avec AFP