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Italie : Giuseppe Conte renonce à être Premier ministre

Giuseppe Conte.

Giuseppe Conte. - AFP

La présidence italienne annonce dimanche que Giuseppe Conte renonce à être Premier ministre. Il avait pourtant entamé jeudi les discussions pour former son équipe. Carlo Cottarelli, ancien du FMI a été convoqué pour lundi.

Désigné pour occuper ces fonctions par les antisystème et l'extrême droite, Giuseppe Conte a renoncé dimanche à être Premier ministre après avoir été reçu par le président italien Sergio Mattarella, a annoncé dimanche soir la présidence. "Le Président du conseil désigné Giuseppe Conte a remis son mandat au président Mattarella", a annoncé le secrétaire général de la présidence, Ugo Zampetti, à l'issue d'une entrevue entre les deux hommes.

Dans la soirée le président a convoqué pour lundi Carlo Cottarelli. Agé de 64 ans, cet ancien haut responsable au Fonds monétaire international (FMI) et s'est vu attribuer le surnom de "M. Ciseaux" quand il a été chargé de la révision des dépenses publiques par le gouvernement d'Enrico Letta (centre gauche) en 2013. Il est depuis cette date le directeur de l'Observatoire des comptes publics, multipliant à ce titre les mises en garde sur le coût économique du programme de gouvernement signé par le Mouvement cinq Etoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite).

Sa désignation, selon toute vraisemblance, au poste de chef du gouvernement ne devrait pas manquer d'attirer les foudres de ces deux forces politiques, qui ont dénoncé dès dimanche soir la main mise des "lobbies" de la finance et des grandes banques.

Les chefs de file des populistes furieux

Giuseppe Conte, 53 ans, un juriste novice en politique, avait été désigné mercredi mais il devait encore confirmer cette nomination et présenter une liste de ministres que le chef de l'Etat accepte pour que celle-ci soit effective. Mais il semble que les discussions avec Sergio Mattarella ont achoppé sur le choix de Paolo Savona comme ministre des Finances.

"Je peux vous assurer que j'ai fourni le maximum d'efforts et d'attention pour mener à bien cette tâche et l'avoir fait dans un climat de pleine collaboration avec les responsables des forces politiques qui m'ont désigné", a déclaré Giuseppe Conte devant la presse.

Luigi Di Maio et Matteo Salvini, les chefs de file des antisystème et de l'extrême droite en Italie, ont exprimé leur fureur dimanche soir. "Nous avons travaillé pendant des semaines pour faire naître un gouvernement qui défende les intérêts des citoyens italiens. Mais quelqu'un (sur la pression de qui ?) nous a dit NON", a réagi Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), sur les réseaux sociaux.

"Nous ne serons plus jamais les larbins de personne. L'Italie n'est pas une colonie, nous ne sommes pas les esclaves des Allemands ou des Français, du spread (l'écart entre les taux d'emprunt à dix ans allemand et italien, ndlr) ou de la finance", a-t-il insisté. "Les Italiens d'abord. Moi je ne lâche rien", a-t-il ajouté.

Luigi Di Maio, le chef de file du Mouvement 5 étoiles (antisystème), était encore plus furieux et amer, dans une vidéo diffusée sur Facebook. "Il y a un grand problème en Italie : la démocratie", a-t-il estimé, jugeant "incompréhensible" le veto mis par Mattarella sur Paolo Savona, un vieux routier de la finance et ancien ministre, mais qui considère l'euro comme "une prison allemande". 

"Alors disons-le clairement qu'il est inutile d'aller voter, puisque les gouvernements ce sont les agences de notation, les lobbies financier et bancaire qui les font. Toujours les mêmes", a-t-il ajouté.

David Namias avec AFP