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Italie: Giuseppe Conte, un juriste inconnu du grand public proposé au poste de Premier ministre

Ce juriste de 54 ans est inconnu du grand public. L'Italie attend son nouveau gouvernement depuis les législatives d'il y a deux mois et demi.

Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles, a annoncé sur le blog du mouvement avoir proposé ce lundi soir au président italien le nom de Giuseppe Conte pour diriger le gouvernement d'alliance avec la Ligue de Matteo Salvini. Il s'annonce comme le premier gouvernement eurosceptique dans un pays fondateur de l'Union. 

Agé de 54 ans, Giuseppe Conte est un juriste universitaire, spécialiste du droit civil et administratif. Inconnu du grand public, il avait été présenté avant les élections du 4 mars par le M5S comme possible ministre chargé de "débureaucratiser" la fonction publique.

"Aujourd'hui nous pouvons dire que nous sommes face à un moment historique. Nous avons indiqué le nom de Giuseppe Conte au président de la République. Un nom qui peut mener à bien le contrat de gouvernement", a écrit Luigi Di Maio, qui se dit particulièrement "fier" de ce choix.

"Nous sommes prêts"

"A ceux qui disent qu'il n'a pas été élu, je réponds que Giuseppe Conte était dans mon équipe (lors des législatives, ndlr), il a été élu par 11 millions d'Italiens", ajoute Luigi Di Maio. 

Devant la presse à la sortie du bureau du président Sergio Mattarella, il s'était pourtant bien gardé de prononcer de nom.

Reçu après lui par le président, le patron de la Ligue, Matteo Salvini, n'a pas non plus révélé le nom qu'il avait proposé à Sergio Mattarella.

"Nous sommes prêts, nous avons présenté le nom, décidé l'équipe et le projet pour le pays", a simplement déclaré le patron du parti d'extrême droite. "Personne n'a rien à craindre" a-t-il assuré.

Salvini brigue l'Intérieur, Di Maio le Travail

Luigi Di Maio et Matteo Salvini visaient tous les deux le poste de chef du gouvernement, mais une féroce lutte d'égos et des scores individuels insuffisants aux législatives les ont forcés à choisir une tierce personne.

Selon la presse italienne, ils devraient néanmoins se réserver des maroquins de choix: le ministère de l'Intérieur pour Matteo Salvini et un grand ministère du Développement économique, incluant le Travail, pour Luigi Di Maio.

La Constitution italienne est cependant claire: c'est Sergio Mattarella qui a seul le pouvoir de désigner le prochain chef du gouvernement puis, sur proposition de ce dernier, de nommer ses ministres. Il a convoqué les présidents des deux chambres pour de nouvelles consultations mardi matin.

Tour de vis sécuritaire

Il devait aussi examiner lundi le "contrat de gouvernement" signé par le M5S et la Ligue, qui promet une politique de croissance plutôt que d'austérité pour combler les déficits, un rabaissement de l'âge de la retraite, la fermeté contre la corruption et un tour de vis sécuritaire, anti-immigrés et anti-islam. La version finale du programme a toutefois rayé des mesures choc apparues dans des versions préliminaires, comme une éventuelle sortie de l'euro ou l'effacement pur et simple d'une partie de la colossale dette publique.

Selon un sondage publié dimanche dans La Repubblica, six Italiens sur dix se disent favorables à un gouvernement Ligue-M5S, malgré le ton alarmiste des analyses du coût faramineux de leurs propositions phares publiées dans la presse italienne. Et la volonté revendiquée de s'affranchir de l'austérité ou des "diktats" de Bruxelles promet de faire des étincelles au sein de l'UE.

Charlie Vandekerkhove avec AFP