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Guerre en Ukraine: récits contradictoires concernant le bombardement d'une mosquée à Marioupol

Une femme passe devant une défense anti-char décorée à Marioupol, en Ukraine, le 23 février 2022

Une femme passe devant une défense anti-char décorée à Marioupol, en Ukraine, le 23 février 2022 - Aleksey Filippov © 2019 AFP

30 civils Turcs, dont des enfants, se trouvent à l'intérieur de l'édifice.

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a annoncé ce samedi qu'une mosquée abritant 80 civils, dont des Turcs, a été bombardée à Marioupol, port du sud-est de l'Ukraine où des milliers de personnes sont assiégées depuis des jours.

Démenti par le président de l'association de la mosquée

"La mosquée du sultan Souleïman le Magnifique et de son épouse Roxolana à Marioupol a été bombardée par les envahisseurs russes", a déclaré le ministère dans un tweet. "Plus de 80 adultes et enfants s'abritent là, dont des citoyens turcs", a-t-il ajouté, sans préciser quand le bombardement avait eu lieu.

Cependant, le président de l'Association de la mosquée Souleiman de Marioupol, Ismail Hacioglu, joint par la chaîne turque HaberTürk samedi en début d'après-midi, a assuré que le quartier était sous le feu mais que la mosquée elle-même n'avait pas été touchée.

"Les Russes bombardent la zone (...) qui se trouve à 2 km de la mosquée, et une bombe est tombée à une distance de 700 m de la mosquée" avait-il indiqué auparavant sur Instagram.

Trente civils turcs se trouvent à l'intérieur de l'édifice, "dont des enfants", a-t-il dit, sans en préciser le nombre.

Au total, 86 citoyens turcs se trouvent encore dans la ville de Marioupol, que son association essaie de regrouper, passant de maison en maison, a raconté Ismail Hacioglu à la télévision turque.

Il a expliqué que son association avait déjà tenté à quatre reprises d'évacuer les Turcs en formant un convoi "mais les Russes ne nous ont pas laissés passer" aux barrages. "Nous allons tenter une cinquième fois", a-t-il dit.

Ismail Hacioglu a encore précisé sur Instagram disposer de deux bus pour procéder aux évacuations. Le ministère turc des Affaires étrangères, contacté par l'Agence France Presse, a affirmé "ne pas avoir d'information" sur la situation. Le consulat de Turquie à Odessa, grand port du sud de l'Ukraine, avait appelé le 7 mars sur Twitter les ressortissants turcs présents à Marioupol à "se mettre à l'abri" dans la mosquée visée, "en vue d'une évacuation vers notre pays".

Une ville qui subi un siège dévastateur

Médecins sans frontières a alerté vendredi sur la situation dans la ville de Marioupol où les habitants sont terrés dans les caves, sans eau, sans gaz, sans électricité, sans communications, et on y voyait ces derniers jours des gens se battre pour de la nourriture, une situation "quasi désespérée". Un hôpital pédiatrique et une maternité avaient été touchés mercredi, faisant trois morts et de nombreux blessés, suscitant un tollé international.

Dans ce contexte, une nouvelle tentative de couloir d'évacuation était prévue pour permettre aux civils de sortir de la ville, en direction de Zaporojie, à quelque 200 km au nord-ouest, selon la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk. Depuis des jours, les Ukrainiens affirment que l'armée russe pilonne la route d'évacuation, empêchant les évacuations.

"Marioupol assiégée est à présent la pire catastrophe humanitaire sur la planète", avec "1.582 civils tués en 12 jours", a accusé vendredi le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba.
J.F. avec AFP