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Grande-Bretagne: l'inquiétant retour des maladies de l'ère victorienne

Un panneau indiquant les urgences à St Thomas Hospital, le 13 janvier 2017 à Londres. (Photo d'illustration)

Un panneau indiquant les urgences à St Thomas Hospital, le 13 janvier 2017 à Londres. (Photo d'illustration) - Isabel Infantes - AFP

En sept ans, les cas de scarlatine dans les hôpitaux britanniques ont bondi de 208%. De plus en plus, le personnel soignant fait face à des maladies que l'on croyait reléguées au XIXe siècle.

Scarlatine, coqueluche, malnutrition… Les données récoltées par le système de santé public britannique ne brossent pas le tableau d'un roman de Charles Dickens, mais bien celui des maladies traitées au XXIe siècle dans les hôpitaux outre-Manche.

Depuis 2010, rapporte la BBC, les consultations dans des hôpitaux pour ces trois maux ont bondi de 52%. Dans le détail, la scarlatine était la cause de 429 visites pour 2010-2011, contre 1321 en 2017-2018. Une augmentation de 208% quelque peu inquiétante, sachant que la scarlatine était l'une des principales causes de mortalité infantile au début du XXe siècle.

Malgré les vaccins, la coqueluche effectue aussi son grand retour, avec presque 60% de cas en plus entre 2010 et 2018. Une augmentation presque similaire à celle des cas de malnutrition, constatée également.

La tendance n'est pas nouvelle. En 2016, le Guardian évoquait déjà la résurgence de ces maladies comme la scarlatine, la rougeole ou encore la tuberculose, notamment à cause d'une résistance accrue aux antibiotiques et d'un nombre trop faible de personnes vaccinées.

Un système de santé en crise

Certains y voient aussi un argument politique. Le parti travailliste (Labour), dans l'opposition, a d'ailleurs exploité ces données pour imputer la résurgence de ces maladies aux dernières décennies de gouvernements conservateurs (Tories).

"L'accablante vérité est que l'austérité rend malade notre société", a avancé le député du Labour Party Jonathan Ashworth dans un communiqué. "Cela signifie que les plus pauvres meurent plus jeunes", a-t-il souligné.

"Il y a beaucoup de raisons mais on ne peut ignorer l'effet des coupes soutenues dans les budgets locaux de santé publique, qui ont réduit les effectifs des services qui promeuvent une bonne hygiène de vie, passent les examens, préviennent et protègent des maladies", a abondé dans un communiqué relayé par la BBC Helen Donovan, responsable santé publique au Royal College Nursing.

Depuis plusieurs années, le système de santé britannique est en crise. L'été dernier, la Première ministre Theresa May a promis 20 milliards de livres sterling pour le sauver.

Liv Audigane