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Des xénophobes prennent des sièges de bus pour des femmes en burqa

Pour certains, ces sièges de bus seraient des femmes voilées intégralement

Pour certains, ces sièges de bus seraient des femmes voilées intégralement - Youtube

Ils pensaient dénoncer des femmes en burqa. Il s'agissait de sièges de bus. Un groupe norvégien anti-immigration s'est ridiculisé sur les réseaux sociaux.

"Qu'est-ce que les gens pensent de ça?" Un Norvégien, journaliste de profession, a posté sur la page Facebook du mouvement anti-immigration Fedrelandet Viktigst, soit "la patrie d'abord", la photo de six sièges de bus vides légendée par cette question. Les membres de la communauté xénophobe se sont fait piéger en y voyant six femmes en burqa, comme le rapporte le site norvégien The Local.

"Racisme aveugle et xénophobie"

Un déferlement de commentaires racistes s'est abattu, une centaine d'utilisateurs du réseau social dénonçant une supposée "islamisation" de la Norvège. "Virez-les de notre pays! Dans quelle époque épouvantable vit-on?" s'est indigné l'un des membres de ce groupe. "Ça fait vraiment peur, ça devrait être interdit. On ne peut jamais vraiment savoir qui est en dessous du voile. Ça pourrait être des terroristes avec des armes", a craint un autre. "Je pensais que ce serait comme ça en 2050, mais ça arrive maintenant", a paniqué un internaute.

Johan Slattavik, l'auteur de cette publication, a expliqué fin juillet sur sa page Facebook que l'idée lui était venue "un soir de désœuvrement", rapporte Le Monde.

"C'était aussi éducatif. Je voulais montrer la différence entre la critique légitime de l'immigration en Europe et le racisme aveugle et la xénophobie."

"Les préjugés nuisent à l'intelligence"

L'incident intervient dans un contexte particulier. Au mois de juin dernier, le gouvernement norvégien de droite a présenté un projet de loi visant à interdire le port du voile intégral dans les crèches, les écoles et les universités. La Norvège deviendrait ainsi le premier pays scandinave à prendre une telle mesure. 

Un autre internaute, Sindre Beyer, qui a également dévoilé les commentaires haineux, a assuré au site norvégien Nettavisen vouloir faire découvrir "les coins sombres d'Internet". "Je suis choqué par la quantité de haine et de fake news qu'ils diffusent. L'animosité qu'ils ont exprimée envers des sièges de bus montre à quel point les préjugés nuisent à l'intelligence."

"Les gens voient ce qu'ils veulent voir et ce qu'ils veulent voir, ce sont des musulmans dangereux", a regretté Rune Berglund Steen, responsable du Centre norvégien contre le racisme, pour le New York Times

L'auteur du canular s'est quant à lui amusé de ce torrent de réaction. "Ma petite plaisanterie a reçu une attention internationale, a-t-il tweeté. Quel coup."

Céline Hussonnois-Alaya