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Demandeurs d'asile: à demi-mot François Hollande fait volte-face sur les quotas

François Hollande et Angela Merkel veulent faire adopter une répartition obligatoire des demandeurs d'asile aux pays de l'Union européenne.

François Hollande et Angela Merkel veulent faire adopter une répartition obligatoire des demandeurs d'asile aux pays de l'Union européenne. - Tobias Scharz - AFP

Paris et Berlin ont adopté une position commune jeudi et proposé une répartition des migrants parmi les pays européens. Il y a quelques mois encore, l'idée d'instaurer des quotas était pourtant hors de question à l'Elysée.

La France et l'Allemagne prônent "un mécanisme permanent et obligatoire" d'accueil des demandeurs d'asile. En utilisant cette formule jeudi, François Hollande se prononce en faveur de "quotas", sans en dire le nom. Il faut dire que la position française constitue une évolution. Au printemps, l'Elysée s'était fermement opposé aux quotas d'accueil proposés par la Commission européenne.

Le 19 mai dernier, en déplacement à Berlin, François Hollande affichait sa fermeté. "Il n'est pas question qu'il y ait des quotas (...) ce n'est pas la bonne méthode" avait-il déclaré . Dans un contexte de montée de l'extrême droite, l'idée de forcer les pays à accueillir des migrants tombe mal. François Hollande s'était toutefois prononcé en faveur d'une répartition plus équitable des migrants entre les pays.

"L'Union européenne doit faire davantage"

Quatre mois plus tard, la photo du petit Aylan mort sur une plage aura-t-elle eu l'effet d'un électrochoc? François Hollande a justifié l'évolution du point de vu français par l'ampleur de la crise. "Parce que près de 3.000 personnes sont mortes depuis le début de l'année en traversant la mer, parce qu'aujourd'hui des réfugiés ne savent plus où aller, parce que nos règles doivent être respectées mais ne le sont pas partout", expliquait le président jeudi. Compte tenu de la situation, l'Union européenne "doit faire davantage", estime le président français.

La chancelière allemande a proposé que la répartition entre les 28 de l'Union européenne se fasse en fonction de "la puissance économique", ou la "taille" de chacun des pays. Les propositions de Paris et Berlin seront examinées le 14 septembre prochain, lors d'un Conseil des ministres européens de l'intérieur.

Mais si cette ligne commune est saluée, notamment par la Commission européenne, pour l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstad, elle arrive "trop tard". L'inaction de l'UE ces derniers mois a obligé "les réfugiés à se jeter dans les mains des organisations criminelles", déplore-t-il vendredi sur Europe 1.

Des pays récalcitrants sur les quotas

Et ces propositions franco-allemandes tardives ne suffiront peut-être pas. La Hongrie et la Pologne rejettent la mise en place des quotas. Le Premier ministre hongrois Viktor Obran s'y oppose ainsi avec véhémence. David Cameron, épinglé au Royaume-Uni par la presse pour sa politique migratoire, s'est dit prêt à accueillir davantage de réfugiés syriens mais n'est pas favorable aux quotas.

Les négociations, dans les semaines à venir, autour des propositions franco-allemandes seront primordiales. L'échec d'un accord risquerait, selon Angela Merkel, de mettre à mal toute l'Union européenne et de rompre ce "lien avec les droits civils universels" à la racine de l'histoire européenne.

C. B