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Projet d'attentat: un Syrien, qui serait en lien avec Daesh, activement recherché en Allemagne

La police allemande est sur le qui vive

La police allemande est sur le qui vive - Jens-Ulrich Koch - AFP

Des matériaux "hautement explosifs" ont été retrouvés chez le suspect, âgé de 22 ans. Une véritable chasse à l'homme est en cours.

La police allemande était engagée samedi soir dans une vaste opération dans l'est du pays pour retrouver un Syrien de 22 ans soupçonné de préparer un attentat à la bombe, avec des contrôles renforcés dans les aéroports et gares de la capitale Berlin.

Sécurité renforcée dans les aéroports

La police traque dans la ville de Chemnitz et aux alentours Jaber Albakr, né en janvier 1994, vêtu d'un "sweat à capuche noir orné d'un gros motif" et "soupçonné de préparation d'un attentat à la bombe". Le suspect aurait des liens avec l'organisation Daesh (EI), selon l'agence de presse allemande DPA, qui cite des sources des services de sécurité.

Arrivé en Allemagne l'an dernier comme réfugié, le jeune Syrien était surveillé par les renseignements intérieurs depuis un certain temps. Il est soupçonné d'être en train de préparer un attentat contre un aéroport allemand, affirme le site internet du magazine Focus.

Dans ce contexte, la sécurité dans les deux aéroports berlinois, Tegel et Schönefeld, et dans les gares de la capitale, a été renforcée. Chemnitz est située à 260 km au sud de Berlin.

Une substance encore plus dangereuse que la TNT

"Plusieurs centaines de grammes" d'une "substance explosive bien plus dangereuse que la TNT" ont été retrouvés dans le logement du suspect à Chemnitz, dont la police a forcé l'entrée à l'explosif. "Rien qu'une petite quantité de cette substance peut provoquer d'énormes dégâts", a précisé la police.

Une centaine de riverains ont été évacués, le temps que les forces de l'ordre détruisent ces matériaux explosifs dans des trous spécialement creusés dans la terre non loin de là.

Le quartier périphérique de Chemnitz où s'est déroulé l'opération policière est composé d'immeubles HLM datant de l'époque de la RDA communiste, où vivent un certain nombre de réfugiés. Samedi après-midi, des policiers habillés de noir et lourdement armés patrouillaient sous la pluie, le quartier ayant été bouclé et les résidents invités à ne pas sortir de chez eux. 

"Soyez prudents"

"Actuellement, nous ne savons où (le suspect) se trouve ni ce qu'il transporte. Soyez prudents", a tweeté la police locale, qui a interpellé trois personnes à Chemnitz, des "connaissances du suspect recherché".

La gare de la ville a été bouclée pendant plusieurs heures à la suite de la découverte d'un bagage suspect, qui s'est révélé inoffensif à la suite d'une vérification par un robot.

Le mois dernier, trois porteurs de papiers syriens, arrivés en Allemagne par la même filière que les auteurs des attentats du 13 novembre à Paris, ont été arrêtés dans des foyers de réfugiés et un demandeur d'asile syrien de 16 ans, soupçonné de préparer un attentat pour le compte de Daesh, a été interpellé à Cologne (ouest).

"523 assaillants potentiels"

Selon la police allemande, il y a actuellement 523 personnes identifiées comme étant des "assaillants potentiels" pour le pays en matière d'attentat, dont la moitié se trouve en Allemagne. L'autre moitié est essentiellement constituée d'Allemands ou bi-nationaux partis à l'étranger, en Syrie notamment, et pouvant être dangereux à leur retour.

Le gouvernement a aussi admis à plusieurs reprises s'inquiéter à la fois du phénomène "d'auto-radicalisation" chez certains jeunes réfugiés et du fait qu'ils soient approchés par des mouvements jihadistes cherchant à recruter. Quelque 890.000 demandeurs d'asile sont arrivés en Allemagne l'an dernier.

Deux précédents cet été

L'Allemagne a connu en juillet deux attentats revendiqués par Daesh: un attentat suicide commis par un Syrien de 27 ans, débouté de sa demande d'asile, qui a fait 15 blessés, et une attaque à la hache perpétrée par un réfugié de 17 ans, qui a fait cinq blessés.

Ces actes ont contribué à nourrir l'inquiétude dans un partie de l'opinion à l'égard des demandeurs d'asile, malgré les appels des autorités à ne pas céder aux amalgames, et à doper la droite populiste anti-migrants: le mouvement Alternative pour l'Allemagne (AfD) a enchaîné plusieurs succès électoraux ces derniers mois et accru la pression sur la chancelière Angela Merkel, de plus en plus critiquée pour sa politique d'accueil des demandeurs d'asile.

F. H. avec AFP