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Élections en Allemagne: les 4 scénarios possibles pour former la coalition qui succédera à Merkel

Élections en Allemagne: voici les 4 scénarios possibles pour former la coalition qui succédera à Merkel

Élections en Allemagne: voici les 4 scénarios possibles pour former la coalition qui succédera à Merkel - BFMTV

INFOGRAPHIE. Si le parti conservateur de la chancelière essuie un revers historique, rien ne dit que les sociaux démocrates, en tête, soient aux manettes dans quelques mois. BFMTV fait le point sur les quatre scénarios envisageables.

Qui succédera à Angela Merkel? Difficile de se prononcer au lendemain d'élections légilsatives allemandes très serrées. Selon les résultats provisoires annoncés ce lundi, le SPD - le parti social-démocrate emmené par Olaf Scholz - rassemble 25,7% des suffrages, dépassant d'une courte tête les conservateurs de la CDU - le parti de la chancelière, emmené par Armin Laschet (24,1%).

Bien que les sociaux démocrates soient devant, ils ne sont pas pour autant certains de diriger l'Allemagne dans les prochains mois. Les deux camps en tête revendiquent en effet de former le futur gouvernement et souhaitent chacun de leur côté former une majorité au Bundestag. Ce sont donc les écologistes de Grüne (3ème avec 14,8%) et les libéraux de centre-droit FDP (4ème avec 11,5%) qui seront les "faiseurs de rois".

368 sièges à réunir au Bundestag pour former une coalition

Pourquoi le nom du nouveau chancelier n'est-il pas déjà connu? En Allemagne, contrairement à la France, ce sont les députés qui choisissent le chef du gouvernement. L'assemblée, le Bundestag, est formée de 735 sièges. Il faut donc constituer une coalition d'au moins 368 députés.

Généralement, une alliance entre deux partis suffit à atteindre ce seuil. Mais le scrutin d'hier s'avère si serré que la coalition devra obligatoirement réunir trois partis politiques - une première depuis les années 1950. Actuellement, selon les résultats provisoires communiqués ce lundi matin, voici à quoi ressemble la composition du Bundestag:

  • Die Linke (gauche) : 39 sièges
  • SPD (centre gauche) : 206 sièges
  • Grüne (écologiste) : 118 sièges
  • FDP (centre-droit) : 92 sièges
  • CDU/CSU (droite) : 196 sièges
  • AfD (extrême-droite) : 83 sièges
  • SSW (autre) : 1 siège

Quatre coalitions sont donc possibles pour la prise du pouvoir. Vous pouvez les consulter dans l'infographie ci-dessous.

Selon un sondage de YouGov, une majorité des électeurs favorise une coalition surnomée dite des "feux de circulation" entre le centre gauche (SPD), les écologistes (Grüne) et les libéraux (FDP).

Le scénario d'une coalition "kenyane", composée des sociaux-démocrates, des conservateurs et des écologistes paraît lui peu crédible. Le chef de file du SPD, Olaf Scholz, a en effet mis la pression sur le parti de droite en assurant qu'ils devaient rejoindre les bancs de l'opposition :

"La CDU et la CSU n'ont pas seulement perdu des voix. Elles ont en fait reçu le message des citoyens qu'elles ne devraient plus être au gouvernement mais dans l'opposition. (...) Les citoyens veulent un changement de gouvernement et veulent que le prochain chancelier s'appelle Olaf Scholz."

Jamais les conservateurs n'étaient tombés sous le seuil de 30%. Il s'agit donc d'une lourde défaite pour le camp d'Angela Merkel.

La coalition pourrait mettre des mois à se former, comme en 2017

Lors des élections de 2017, une alliance "Jamaïque" était pressentie entre les conservateurs, les libéraux et les Verts. Mais après plusieurs semaines, le FDP avait quitté les pourparlers, assurant "qu'il est préférable de ne pas gouverner que de mal gouverner".

Cette fois, les libéraux "semblent avoir très envie d'aller au gouvernement", analyse auprès de l'AFP Paul Maurice, spécialiste de l'Allemagne à l'Institut français des relations internationales. Le leader du FDP Christian Lindner a d'ailleurs estimé dimanche qu'il serait "souhaitable" pour son parti et les écologistes "de discuter d'abord entre eux" avant de décider s'ils s'allient avec les conservateurs ou les sociaux-démocrates. Un avis partagé par la cheffe de file des écologistes, Annalena Baerbock.

Angela Merkel reste au pouvoir en attendant la formation de la coalition

"L'Allemagne prendra la présidence du G7 en 2022", a rappelé le conservateur Armin Laschet, qui souhaite qu'un nouveau gouvernement se forme "très rapidement". En 2017, la coalition avait mis près de six mois à se former, plongeant l'Allemagne dans une crise politique inédite. C'était finalement une "Grosse Koalition" entre la CDU et le SPD qui a vu le jour, menée par la conservatrice Angela Merkel.

Celle-ci sera d'ailleurs toujours au pouvoir durant toute les tractations de coalition, même si elle se contentera d'assurer les affaires courantes, sans pouvoir lancer de grandes initiatives.

Louis Tanca, avec AFP