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D'ex salariés de l'ambassade d'Allemagne à Paris dénoncent un système de "caisse noire"

L'hôtel de Beauharnais, où ont eu lieu plusieurs des réceptions citées par les anciens salariés.

L'hôtel de Beauharnais, où ont eu lieu plusieurs des réceptions citées par les anciens salariés. - Wikimédia

Ces anciens employés ont dénoncé un système de rémunérations non déclarées mis en place avec l'aval du ministère allemand des Affaires étrangères, selon Le Monde. Plusieurs centaines de milliers d'euros auraient été distribués illégalement aux salariés depuis 2007.

Des révélations qui pourraient coûter cher. Deux ex-salariés de l'ambassade d'Allemagne en France ont assigné l'État allemand devant les prud'hommes de Paris pour "travail dissimulé" et "licenciement abusif", en dénonçant un système de rémunérations non déclarées, a indiqué leur avocat, confirmant une information du Monde.

"Tout part d'un système de rémunérations en liquide non déclarées mis en place en 2007 par une note de l'ambassade, avec l'aval du ministère des Affaires étrangères allemande", a indiqué Me Antoine Gillot, qui défend l'ex-majordome de l'ambassade et un ancien maître d'hôtel.

Selon Le Monde, ce système de "caisse noire" prévoyait des compléments de revenus en espèces pour les employés, pour partie grâce à une mécanique de fausse facturation liée à des événements organisés à la résidence de l'ambassadeur, notamment par des entreprises.

"Plusieurs centaines de milliers d'euros" depuis 2007

Le journal, qui dit avoir pris connaissance de documents comptables internes à l'ambassade, évalue les sommes ainsi distribuées à "plusieurs centaines de milliers d'euros" depuis 2007. Selon Me Gillot, c'est à l'occasion du départ de l'ambassadrice alors en poste que le majordome a été licencié à l'automne 2015.

"Il restait un reliquat qu'elle a voulu distribuer, essentiellement au cuisinier et au majordome. Ce dernier a dit qu'il serait peut-être plus juste de partager équitablement avec tout le personnel. C'est de là que part une véritable cabale contre lui. On l'a accusé de comportements frôlant le harcèlement inventés de toutes pièces, alors qu'il a des états de service remarquables pendant 11 ans", a-t-il fait valoir.

L'Allemagne ouvre une enquête

Le maître d'hôtel a pour sa part été "licencié quelques mois plus tard pour des comportements irrespectueux sans fondement, en réalité car il avait lancé une pétition pour défendre le majordome", a poursuivi l'avocat. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères allemand, Rainer Breul, a réagi ce mercredi en affirmant que l'Allemagne allait "enquêter sur ces allégations".

"Les représentations de l'Allemagne à l'étranger doivent non seulement se conformer aux lois allemandes mais aussi aux exigences du droit du travail local et social", a-t-il souligné. Il a ajouté ne pas vouloir commenter la procédure en cours, qui part "d'un différend juridique personnel entre l'ambassade de Paris et deux anciens salariés".

P.L avec AFP