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Crash A320: le copilote aurait souffert de troubles psychiques et visuels 

Andreas Lubitz fait la une de "Bild" au lendemain des révélations sur le crash. Le jeune homme souffrait de dépression et de problèmes de vue.

Andreas Lubitz fait la une de "Bild" au lendemain des révélations sur le crash. Le jeune homme souffrait de dépression et de problèmes de vue. - Bild

Les révélations se poursuivent quant à l'état de santé d'Andreas Lubitz. Samedi, on apprend que le jeune homme souffrait de troubles psychiatriques, mais aussi de problèmes de vue.

L'état de santé d'Andreas Lubitz a-t-il déterminé la fin tragique de l'Airbus A320? Samedi, après les révélations de son ancienne petite amie à qui il aurait dit vouloir "changer le système", la presse allemande révèle que les enquêteurs ont trouvé un grand nombre de médicaments à Düsseldorf, au domicile du copilote de l'avion.

Selon Welt am Sonntag, il était "gravement dépressif", et aurait souffert d'un stress important. Il avait d'ailleurs été pris en charge par "plusieurs neurologues et psychiatres". Vendredi, le Parquet de Düsseldorf avait indiqué que des attestations d'arrêt maladie avaient été retrouvées déchirées chez Andreas Lubitz. Aucune lettre d'adieu dévoilant un acte prémédité à l'origine de la catastrophe, qui a fait 150 morts mardi, n'a été retrouvée. Toutefois l'hypothèse d'une déception amoureuse, un temps évoquée semble s'éloigner. La presse allemande révèle qu'Andreas Lubitz et sa petite amie envisageaient de se marier. Sa compagne, enseignante dans le secondaire avait également révélé il y a quelques semaines qu'elle était enceinte.

Une baisse de vue d'environ 30%

D'après la Süddeutsche Zeitung, qui ne cite pas de source, les arrêts de travail retrouvés dans son appartement étaient "apparemment" signés d'un "neurologue et psychiatre". En outre, selon Bild et le New York Times, le jeune homme souffrait de gros problèmes de vue susceptibles de remettre en cause son aptitude à piloter. Le Figaro affirme que sa vue aurait baissé d'environ 30%. L'enquête devra déterminer si ces problèmes étaient de nature organique ou psychosomatique. Si Andreas Lubitz "a fait ça", raconte son ancienne petite amie, "c'est parce qu'il a compris qu'à cause de ses problèmes de santé, son grand rêve d'un emploi à la Lufthansa, comme commandant de bord et pilote de long courrier était pratiquement impossible".

Si la thèse du suicide est évoquée, les enquêteurs font preuve de prudence et indiquent que l'hypothèse d'un problème technique n'est pas encore écartée. C'est ce qu'explique le général Jean-Pierre Michel au micro de BFMTV: "Nous n'avons pas le droit d'écarter toutes les autres hypothèses, y compris l'hypothèse mécanique, tant qu'on n'a pas démontré que l'appareil ne présentait aucune difficulté". 

En attendant de retrouver la seconde boîte noire, les révélations sur l'état de santé du jeune pilote suscite le débat outre-Rhin. Les journaux allemands s'interrogent notamment sur le secret médical. Bild note que le médecin qui a signé l'arrêt maladie n'avait averti personne, notamment pas l'employeur d'Andreas Lubitz, Germanwings, en raison du secret médical, passible de sanction s'il est rompu. "Le cas Andreas Lubitz a déjà déclenché un débat sur la nécessité que le secret médical doit être limité pour des professions comme celle de pilote", relève la Süddeutsche Zeitung. L'accompagnement médical des pilotes de la Lufthansa est lui aussi remis en cause: samedi soir, Welt am Sonntag affirme qu'il serait insuffisant pour les 5.400 pilotes. 

A. K. avec AFP