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Députée britannique tuée: Le meurtrier présumé de Jo Cox serait un partisan néo-nazi

Une députée travailliste pro-UE de 41 ans est morte jeudi après avoir été attaquée par un homme. Thomas Mair, le meurtrier présumé interpellé après les faits, avait des troubles psychiques et aurait crié "Britain first" lors de l'agression.

Une députée travailliste pro-européenne de 41 ans a été attaquée jeudi par arme à feu et poignardée par un homme à Birstall, près de Leeds, dans le West Yorkshire, au Royaume-Uni. Conduite en urgence à l'hôpital, Jo Cox est morte des suites de ses blessures.

Il tondait la pelouse des voisins

Thomas Mair, un homme de 52 ans dont les motivations n'ont pas été précisées, a été arrêté. Né en Ecosse, comme le rapporte le Daily Mail, il a été décrit par ses voisins comme un "solitaire", "poli et réservé", selon The Guardian. Il vivait dans sa maison de Birstall depuis près de quarante ans avec sa grand-mère jusqu'à sa mort il y a une vingtaine d'années, puis seul depuis.

"Je n'ai jamais vu beaucoup de monde lui rendre visite. Il aime le jardinage et faisait le jardin de beaucoup de gens du coin", raconte un riverain. Thomas Mair, surnommé "Tom" ou Thommy", tondait souvent la pelouse de ses voisins les plus âgés.

Des antécédents psychiatriques

Mais l'homme n'a jamais eu d'emploi à plein temps, précise le Daily Telegraph. Il se rendait régulièrement à la bibliothèque de la ville pour consulter Internet, selon ses voisins qui le décrivent comme souffrant de problèmes mentaux. Ce qu'a confirmé son frère: Scott Mair explique qu'il souffre d'une maladie mentale et est sous traitement.

"J'ai toujours du mal à y croire. Mon frère n'est pas violent et n'est pas du tout politisé", a-t-il déclaré au Daily Telegraph. "Il a des antécédents de maladie mentale, mais il se fait aider."

Du bénévolat dans une école

Son autre demi-frère, Duane St Louis, ajoute qu'il souffre de troubles obsessionnels compulsifs et est obsédé par son hygiène. Il explique que Mair avait fait du bénévolat plusieurs fois par semaine dans une école pour enfants handicapés pendant plusieurs années et n'avait jamais exprimé de propos racistes. "Je suis métis et tout s'est toujours bien passé", a-t-il affirmé à la presse.

Il décrit son frère comme un homme bienveillant qui faisait les courses pour sa mère deux fois par semaine et dont la dernière visite remonte à mercredi pour l'aider à régler sa télévision, a-t-il indiqué au Guardian.

Une photo diffusée sur les réseaux sociaux le montre à l'occasion d'une journée de bénévolat dans les jardins d'un manoir à Birstall, en 2010. Interrogé par la presse locale à cette occasion, il avait déclaré que ces travaux "lui avaient fait plus de bien que toutes les psychothérapies et tous les médicaments du monde." 

Partisan d'un groupe néo-nazi 

Alors que la campagne pour le référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne bat son plein, l'agresseur aurait crié "Britain first", soit "Priorité au Royaume-Uni" lors de l'agression selon plusieurs témoins.

Thomas Mair avait une "longue histoire avec le nationalisme blanc", selon le Southern Poverty Law Centre, un groupe américain de défense des droits civiques. Le tueur présumé de Jo Cox était un "partisan dévoué" d'un groupe néo-nazi basé aux Etats-Unis.

Abonné à un magazine pro-apartheid

Il aurait dépensé plus de 620 dollars, soit 550 euros, dans des ouvrages d'une organisation qui a appelé à la création d'une nation peuplée exclusivement de Blancs et à l'éradication des juifs.

Parmi les nombreux livres qu'il possédait chez lui, il y avait également des ouvrages sur les explosifs, comment construire un pistolet ou les munitions improvisées. L'homme était aussi abonné au S. A. Patriot, un magazine sud-africain publié par un groupe pro-apartheid.

La campagne suspendue

L'agression, qui a eu lieu à une semaine du référendum sur le Brexit, fixé au 23 juin outre-Manche, a entraîné la suspension de la campagne des deux camps. 

Les médias s'interrogent sur le mobile de l'agresseur et n'hésitent pas à mettre en cause le virage agressif qu'a pris la campagne. Le quotidien The Guardian a dénoncé "un ton brutal qui attise les divisions", jugeant que le meurtre constituait une "attaque contre l'humanité, l'idéalisme et la démocratie".

Mercredi, Jo Cox avait participé, à Londres, à un contre-événement organisé par le camp du maintien du Royaume-Uni dans l'UE pour répondre à un vaste happening du meneur du camp du Brexit, Nigel Farage, donné en tête dans les derniers sondages.

C.H.A.