BFMTV

La députée britannique pro-UE Jo Cox tuée, la campagne du Brexit suspendue 

La députée travailliste Jo Cox.

La députée travailliste Jo Cox. - Jo Cox - Facebook

Une députée travailliste pro-UE de 41 ans est morte ce jeudi après avoir été agressée par balles et poignardée par un homme. Alors que la campagne pour le référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE bat son plein à sept jours du scrutin, l'agresseur aurait crié "Britain first", soit "Priorité au Royaume-Uni".

La députée travailliste pro-européenne Jo Cox est décédée ce jeudi après avoir été attaquée à l'arme blanche et à l'arme à feu, en début d'après-midi, à Birstall, près de Leeds, dans le West Yorkshire, en Grande-Bretagne, ont rapporté plusieurs médias britanniques. Conduite en urgence à l'hôpital de Leeds, Jo Cox, 41 ans, est morte des suites de ses blessures, a annoncé la police britannique. L'agression, qui intervient à une semaine du référendum sur le Brexit, a entraîné la suspension de la campagne des deux camps.

Touchée par balles et poignardée

La députée travailliste pro-européenne de la circonscription de Batley et Spen (West Yorkshire) a été touchée avant de s'effondrer dans une mare de sang, selon un témoin cité par l'agence Press Association. Elue en 2015, la mère de deux enfants aurait également été poignardée, selon la chaîne Channel 4 News.

"J'ai le regret d'annoncer qu'elle est morte des suites de ses blessures", a indiqué la chef de la police locale, Dee Collins, lors d'une conférence de presse. Le décès a été prononcé à 12h48 GMT, a-t-elle précisé.

"La police a été alertée à 12h53 pour un incident sur Market Street, à Birstall, où une femme d'une quarantaine d'années a été victime de blessures sérieuses", avait précisé la police du West Yorkshire dans son premier communiqué publié dans l'après-midi, confirmant des informations relayées sur Twitter par des journalistes britanniques. 

Alors que la campagne pour le référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne bat son plein à sept jours du scrutin, l'agresseur aurait crié "Britain first", soit "Priorité au Royaume-Uni" selon un témoin cité par la chaîne Sky News.

Cette agression intervient alors que deux nouveaux sondages publiés ce jeudi ont donné gagnant un Brexit (pour "British Exit"), renforçant l'inquiétude à Bruxelles et dans les milieux économiques.

Un homme interpellé

Selon la BBC, un homme de 52 ans a été arreté, en lien avec l'agression. L'homme, dont les motifs n'ont pas été précisés, a été décrit par ses voisins comme un "solitaire".

Plusieurs personnalités politiques britanniques ont d'ores et déjà réagi sur Twitter, parmi lesquels le Premier ministre conservateur, David Cameron. "La mort de Jo Cox est une tragédie", a-t-il tweeté après l'annonce de sa mort. "Elle était une députée engagée et concernée. Mes pensées vont vers son mari Brendan et ses deux jeunes enfants".

"La famille du Labour et l'ensemble du pays sont sous le choc et éprouvent de la tristesse après le meurtre horrible de Jo Cox", a déclaré sur Twitter le chef du Parti travailliste Jeremy Corbyn.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a lui aussi réagi dans la soirée, en écrivant sur Twitter: "Jo était la meilleure des politiques, et elle me manquera". 

Dans un communiqué, le mari de Jo Cox, Brendan Cox, a rendu hommage à son épouse, et a appelé à "se battre contre la haine qui l'a assassinée". "Jo croyais en un monde meilleur, et s'est battue pour cela chaque jour de sa vie avec une énergie et une joie de vivre débordantes", a-t-il écrit, dans un message très émouvant. 

Le camp du maintien suspend sa campagne

Cette agression intervient une semaine jour pour jour avant le référendum sur le Brexit, fixé au 23 juin outre-Manche. Mercredi, Jo Cox avait participé, à Londres, à un contre-événement organisé par le camp du maintien du Royaume-Uni dans l'UE, pour répondre à un vaste happening du meneur du camp du Brexit, Nigel Farage.

En réponse à cette agression, le camp du maintien dans l'UE, dont Jo Cox était une militante active, a annoncé la suspension de sa campagne, et le Premier ministre David Cameron, favorable au maintien, a annoncé l'annulation de son meeting prévu ce jeudi soir à Gibraltar.

De son côté, le leader du camp du "Leave", Nigel Farage, s'est dit "horrifié" par cette attaque, sur Twitter. 

Adrienne Sigel