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A quelques jours du vote, le camp du Brexit s'envole dans les sondages

Nigel Farage, leader du parti europhobe Ukip, et partisan du Brexit, fait campagne dans une boulangerie de Sittingbourne, le 13 juin 2016.

Nigel Farage, leader du parti europhobe Ukip, et partisan du Brexit, fait campagne dans une boulangerie de Sittingbourne, le 13 juin 2016. - Chris J Ratcliffe - AFP

Au beau fixe dans les derniers sondages, le camp du Brexit, favorable à une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, surfe sur sa réussite.

Tout semble sourire au camp du Brexit, à huit jours seulement du référendum britannique. Alors que le scrutin se tiendra le 23 juin prochain, les partisans d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne passent à l'offensive, galvanisés par des sondages très favorables.

Jusqu'à sept points d'avance

Alors que les deux camps étaient encore au coude-à-coude il y a une semaine, les derniers sondages d'opinion réalisés outre-Manche donnent en effet le camp du Brexit vainqueur. Mardi, les troupes du "Leave", menées par le chef du parti europhobe Ukip, Nigel Farage, comptent six points d'avance dans les intentions de vote, avec 53% des voix, selon une enquête d'opinion ICM publiée par le Guardian, et sept dans un sondage YouGov pour le Times.

Et l'écart avec le camp du maintien, mené par le Premier ministre, pourrait encore se creuser avec l'immense publicité offerte par le tabloïd The Sun, qui a ouvertement pris position en faveur du camp du Brexit. "BeLeave in Britain" a ainsi titré le journal de mardi sur sa Une pleine page aux couleurs de l'Union Jack, appelant ses lecteurs à voter "Leave" le 23 juin. Une caisse de résonance sans égal pour le camp de Nigel Farage, puisque le Sun, tiré à 3 millions d'exemplaires, est le quotidien le plus lu du Royaume-Uni, avec environ 5 millions de lecteurs. 

"Nous sommes sur le point de prendre la plus grande décision politique de nos vies. Le Sun exhorte aujourd'hui tout le monde à voter pour la SORTIE" lors du référendum du 23 juin, écrit ainsi le quotidien populaire, propriété de Rupert Murdoch, le magnat australo-américain des médias.

De quoi faire trembler le camp adverse, et son leader, le Premier ministre David Cameron, puisque comme l'explique FrancetvInfo, le quotidien populaire a toujours eu beaucoup d'influence sur la vie politique britannique, et a vu juste aux élections générales de 1979 et 1992, ainsi qu'en soutenant David Cameron en 2009. 

Flottille promotionnelle 

Surfant au maximum sur cette tendance favorable, le camp du Brexit s'est offert une publicité un peu particulière ce mercredi, en envoyant une flottille de chalutiers remonter la Tamise pour vanter les mérites d'une sortie de l'UE, et dénoncer les difficultés des pêcheurs en pointant du doigt les quotas de pêche fixés par Bruxelles. "La seule solution, c'est le Brexit", pouvait-on lire sur les pancartes. A son arrivée à Londres, la flottille a été rejointe par Nigel Farage. 

Toutefois, ce moment, qui se voulait un happening aux airs de victoire, a été légèrement troublé par des partisans du maintien, embarqués sur des bateaux. 

Panique du côté du camp du maintien

Conséquence de cet entrain du camp du "Leave", un vent de panique souffle désormais sur le camp du maintien, selon des sources au sein de la campagne en faveur de l'UE, citées par le Times et le Guardian. 

Pour tenter d'inverser la tendance, les partisans du statu quo ont déclenché une nouvelle offensive mardi avec un rassemblement au siège de la grande confédération syndicale, le Trades Union Congress (TUC). Dans un communiqué commun, de hauts responsables travaillistes ont mis en garde contre les conséquences d'une éventuelle sortie de l'UE, qui pourrait coûter selon eux 525.000 emplois dans le secteur public.

Adrienne Sigel