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Danemark: des chercheurs découvrent trois livres empoisonnés à l'arsenic dans une bibliothèque

Un livre ancien - Image d'illustration

Un livre ancien - Image d'illustration - CARL COURT / AFP

Les ouvrages ont été aussitôt confinés dans des boîtes en carton individuelles, afin de réduire leur manipulation.

Lorsqu’ils ont entrepris d’analyser trois livres des XVIe et XVIIe siècles conservés à l’université du sud du Danemark, le bibliothécaire Jakob Povl Holck et le professeur en physique Kaare Lund Rasmussen ne s’attendaient pas à une telle découverte. Après une observation minutieuse, tous deux découvrent de fins pigments verts repérables sur certaines zones des ouvrages.

Après une analyse réalisée à l’aide de rayons X fluorescents, l’origine de cette substance a été identifiée. Comme ils l’expliquent dans un article publié dans la revue The Conversation, il s’agit en fait d’arsenic, un élément chimique "parmi les substances les plus toxiques au monde et l'exposition peut entraîner divers symptômes d'empoisonnement, le développement du cancer et même la mort."

Vert de Paris

Comment cette substance mortelle a-t-elle pu se retrouver dans ces livres extrêmement rares? Selon eux, à l’époque, les ouvrages étaient bien souvent enduits de vert de Paris, une variante du fameux arsenic, utilisée afin de repousser les insectes et la vermine. "Le pigment n’a pas été utilisé pour des raisons esthétiques", soulignent-ils.

Comme cela est indiqué dans leur article, l’analogie avec Le Nom de la Rose, célèbre livre d’Umberto Eco adapté en film par Jean-Jacques Annaud dans lequel des moines d’une abbaye bénédictine périssent à cause d’une telle substance présente sur leurs livres, saute aux yeux. Pour plus de sécurité, les trois livres ont été confinés "dans des boîtes en carton séparées" précise francetvinfo. Ils devraient "également être numérisés afin de minimiser les risques de "manipulation physique."

Hugo Septier