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Aux États-Unis, troisième suicide d'une personne touchée de près par une fusillade dans une école

Des Américains rendent hommage aux victimes de la tuerie du lycée Marjory Stoneman Douglas, le 15 février 2018 à Parkland, en Floride.

Des Américains rendent hommage aux victimes de la tuerie du lycée Marjory Stoneman Douglas, le 15 février 2018 à Parkland, en Floride. - Rhona Wise - AFP

Deux rescapés de la tuerie de Parkland et le père d'une victime de la fusillade de l'école de Sandy Hook ont récemment mis fin à leurs jours. Depuis 1999, 214.000 élèves ont vécu une fusillade dans un établissement scolaire américain.

Après deux survivants de la tuerie de Parkland, le père d’une victime de la fusillade de l’école de Sandy Hook s'est donné la mort. Cela porte à trois, le nombre d’Américains, touchés de près par une fusillade de masse et qui ont décidé de mettre fin à leurs jours.

La "culpabilité du survivant"

Il y a d’abord eu Sydney Aiello. Cette adolescente avait survécu à la fusillade de masse survenue au lycée Marjory Stoneman Douglas à Parkland, en Floride, le 14 février 2018. Un étudiant, Nikolas Cruz, avait violemment exécuté 17 de ses camarades et de ses professeurs. Depuis, l'adolescente s’était engagée, avec de nombreux autres élèves, dans un mouvement militant pour limiter l’accès aux armes à feu.

Mais samedi, sa famille a annoncé qu’elle s’était suicidée, alors qu'elle souffrait de stress post-traumatique et du syndrome de “la culpabilité du survivant”. Elle ne comprenait pas “pourquoi ses amis étaient morts, et pas elle”, a expliqué ses parents à la chaîne CBS News.

Améliorer le système de soins psychiatriques

Le lendemain, un second rescapé de la tuerie de la fusillade de Parkland s’est à son tour donné la mort. Son nom n’a pas été communiqué mais d’après le Miami Herald, la police de Carol Spring a confirmé “ce qui semble être un suicide” d’un jeune en deuxième année au lycée Marjory Stoneman Douglas.

Enfin, la police de Newtown dans le Connecticut a annoncé avoir retrouvé lundi le corps sans vie de Jeremy Richman, 49 ans. Ce dernier avait perdu sa fille Avielle en 2012 dans la fusillade à l'école primaire de Sandy Hook, où 20 jeunes enfants et six éducateurs avait été assassiné par Adam Lanza, avant de retourner son fusil contre lui. Depuis, ce chercheur en neurosciences travaillait sur les comportements violents et appelait les élus de son État à améliorer le système de soins psychiatriques.

Détecter les signaux

D’après le père d’une autre victime de Nikolas Cruz, Jeremy Richman s’est rendu à Parkland la semaine dernière. “Il avait rencontré des familles, pour nous aider. Ca brise le coeur de réaliser à quel point il souffrait”, a déclaré Ryan Petty, avant de prendre également la parole dans le Sun Sentinel:

"Il faut qu'on admette qu'après un événement comme celui-ci, il y a du traumatisme, de l'anxiété et de la dépression. Il faut éduquer les parents et les professeurs à détecter les signaux et à poser les bonnes questions."

Une première rencontre a eu lieu dimanche soir à Parkland pour discuter des moyens de venir en aide aux rescapés. Au total, plus de 214.000 élèves ont vécu une fusillade dans une école américaine depuis 1999, selon une base de données du Washington Post.

Esther Paolini avec AFP