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Les lycéens à l'origine du mouvement anti-armes en couverture de Time

Les lycéens rescapés de la fusillade de Parkland font la une du magazine Time.

Les lycéens rescapés de la fusillade de Parkland font la une du magazine Time. - Capture d'écran ; montage BFMTV.com

Rescapés de la fusillade perpétrée le 14 février dans leur lycée de Parkland, en Floride, ces cinq jeunes Américains font la couverture du dernier numéro du prestigieux magazine, à la veille d'une journée de manifestations contre les armes à feu, aux Etats-Unis.

Cinq semaines après avoir survécu à la fusillade, ils sont en couverture de Time. Alors que la journée de ce samedi 24 mars sera marquée par de nombreuses manifestations contre les armes à feu organisées à travers les Etats-Unis, les lycéens rescapés de la tuerie perpétrée par Nikolas Cruz le 14 février à Parkland, en Floride, font la Une de l'édition du 2 avril du prestigieux magazine américain.

Les visages de la jeunesse anti-armes

Les visages désormais connus d'Emma Gonzalez et David Hogg, ainsi que de leurs camarades Cameron Kasky, Alex Wind et Jaclyn Corin, ont été choisis par Time pour illustrer le mouvement de protestation de la jeunesse américaine contre les armes, mouvement dont ils sont à l'origine, et dont ils sont devenus les égéries.

La photo des adolescents, qui posent en groupe, le regard grave mais déterminé, est accompagnée d'un mot, unique: "Enough.", "assez" en français. Un mot qui résume le sentiment de cette jeunesse américaine née après la fusillade du lycée de Columbine, qui avait traumatisé les Etats-Unis en 1999, et marqué le début d'une série de tueries de masse récurrentes, perpétrées dans des écoles primaires, des lycées, et des universités.

L'un des adolescents porte un t-shirt floqué du hashtag #MSDStrong, en référence à leur école, la Marjory Stoneman Douglas High School, visée par la tuerie du 14 février.

Mobilisation sans relâche

Malgré le choc et la perte de plusieurs de leurs camarades de classe pendant la tuerie, ces adolescents sont montés au créneau quelques jours à peine après les faits, pour dénoncer la violence des armes à feu, et demander un renforcement de leur contrôle.

Pendant des semaines, ils ont occupé la scène médiatique, multiplié les appels à la mobilisation sur les réseaux sociaux - où leur nombre d'abonnés explose - par le biais du hashtag #NeverAgain ("plus jamais"), et lancé les manifestations du 24 mars, devenant ainsi le visage de ce mouvement anti-armes. Ils n'ont pas hésité à aller affronter en direct sur un plateau de télévision les représentants de la NRA, le tout puissant lobby des armes.

La mobilisation de ces jeunes gens, pour la plupart âgés d'à peine 18 ans, est en train de lancer un mouvement social d'ampleur aux Etats-Unis, ce qui leur vaut d'être devenus les cibles de la droite dure, l'alt-right, ultra-conservatrice et profondément attachée au deuxième amendement de la Constitution américaine, celui qui garantit aux citoyens le droit de porter des armes. 

Malgré une sortie plus tardive de ce numéro consacré à leur combat, la couverture du magazine Time a été révélée jeudi, soit deux jours avant la manifestation March for Our Lives, organisée à Washington, et dans de nombreuses autres villes des Etats-Unis, ce samedi 24 mars. 

Adrienne Sigel