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Le laboratoire russe Vektor se lance dans la recherche de virus préhistoriques

Une salariée du laboratoire d'État russe Vektor, à Strelna, en Russie, le 20 mai 2020.

Une salariée du laboratoire d'État russe Vektor, à Strelna, en Russie, le 20 mai 2020. - OLGA MALTSEVA / AFP

Le projet prévoit d'étudier les tissus d'un cheval préhistorique vieux de près de 6.500, mais aussi ceux de mammouths, de divers rongeurs et d'autres animaux préhistoriques, selon Vektor.

Le laboratoire d'Etat russe Vektor a annoncé mardi se lancer dans la recherche de virus datant du paléolithique, en travaillant à partir de tissus d'animaux de cette époque qui ont été préservés dans les glaces.

Évaluer la diversité des micro-organismes

"Les employés du centre de recherche Vektor souhaitent trouver des paléovirus qui permettront de démarrer le développement de la paléovirologie en Russie et de mener des recherches de pointe dans le domaine de l'étude de l'évolution des virus", a indiqué ce grand laboratoire dans un communiqué, précisant que le projet est mené en collaboration avec l'université de Iakoutsk.

Selon Vektor, ce travail "permettra d'évaluer la diversité des micro-organismes, dont l'ADN et l'ARN pourraient être conservés dans le matériel à l'étude".

Il permettra aussi de "déterminer le potentiel épidémiologique des agents infectieux actuellement existants", selon la même source.

Un cheval préhistorique de 6.500 ans

Les premiers tissus ont été extraits d'un cheval préhistorique vieux de près de 6.500 ans et découvert en 2009 en Iakoutie, vaste région sibérienne où sont régulièrement trouvés des restes d'animaux paléolithiques, y compris des mammouths. Le projet prévoit d'étudier aussi les tissus de mammouths, d'élans, de chiens, de perdrix, de divers rongeurs, de lièvres et d'autres animaux préhistoriques, selon Vektor.

"Ce sont des découvertes qui ont été faites au cours des 10 dernières années, mais qui n'ont fait l'objet que d'études bactériologiques. Nous menons des études sur les paléovirus pour la première fois", a souligné Maxime Tcheprassov, chef du laboratoire du musée du Mammouth de l'université de Iakoutsk, cité dans le communiqué.

Ancien centre de développement d'armes biologiques à l'époque soviétique, le laboratoire Vektor, situé dans la région de Novossibirsk en Sibérie, est l'une des deux seules structures au monde à renfermer le virus de la variole. Il renferme également, entre autres, le virus Ebola. Vektor a mis au point un vaccin contre le coronavirus, EpiVacCorona, homologué en octobre en Russie et dont la production en masse doit commencer en février.

Par E.P avec AFP