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Covid-19: l'Inde confrontée à des pénuries d'oxygène pour les patients

Des gens remplissent des bouteilles d'oxygène médical pour les patients atteints du coronavirus Covid-19 dans une station de remplissage d'oxygène à Allahabad (Inde) le 20 avril 2021.

Des gens remplissent des bouteilles d'oxygène médical pour les patients atteints du coronavirus Covid-19 dans une station de remplissage d'oxygène à Allahabad (Inde) le 20 avril 2021. - SANJAY KANOJIA / AFP

Le ministre en chef de la ville de Delhi écrivait mardi que certains hôpitaux de la mégalopole n'avaient "plus que quelques heures d'oxygène" en réserve.

L'Inde, deuxième pays le plus touché par le Covid-19 après les États-Unis, est confrontée à une crise sanitaire majeure avec plus de 2000 décès, près de 300.000 nouvelles contaminations en 24 heures et une pénurie de traitements et d'oxygène. Le ministre en chef de Delhi, Arvind Kejriwal a tweeté tard mardi que certains hôpitaux de la mégalopole n'avaient "plus que quelques heures d'oxygène" en réserve.

Des camions d'approvisionnement sont arrivés juste à temps dans plusieurs hôpitaux aux premières heures de mercredi, mais les réserves d'oxygène restent limitées. Selon des informations de presse, certains camions ont été bloqués dans l'État voisin de l'Haryana, alors qu'il ne restait à l'hôpital St Stephen à Delhi plus que deux heures d'oxygène pour traiter 300 malades.

"La plupart des patients sont renvoyés chez eux parce que nous n'avons pas assez d'oxygène"

Le ministre de la Santé de la mégapole d'environ 25 millions d'habitants, Satyendar Jain, a exhorté le gouvernement fédéral à "rétablir la chaîne d'approvisionnement en oxygène pour éviter une crise majeure". "Le (gouvernement central), les États et les secteurs privés tentent de faire en sorte que chaque patient dans le besoin reçoive de l'oxygène", a affirmé le Premier ministre du pays Narendra Modi mardi soir.

Mais les hôpitaux de l'État du Maharashtra (Ouest), et de sa capitale surpeuplée, Bombay, épicentre de la poussée de coronavirus, connaissent déjà de graves pénuries, selon la presse locale mercredi. Elle rapportait aussi que vingt-deux malades sont morts dans un hôpital de Nashik, en raison d'une coupure d'alimentation en oxygène de ventilateurs pendant une demi-heure.

"La plupart des patients sont renvoyés chez eux parce que nous n'avons pas assez d'oxygène et de Remdesivir pour les traiter", explique Harish Krishnamashar, médecin au Ramaiah Medical College Hospital, à Bangalore (Sud). Les quantités d'oxygène servant habituellement à couvrir les besoins d'une semaine sont épuisées en moins de 48 heures, précise-t-il.

Une deuxième vague épidémique qui frappe "comme un ouragan"

L'Inde a administré plus de 130 millions de vaccins jusqu'à présent et, à partir du 1er mai, tous les adultes pourront se faire vacciner. "Je pense que dans une semaine ou deux, nous aurons une estimation plus quantitative de la réaction du (virus) variant au vaccin", a déclaré à l'AFP Rakesh Mishra, du Centre de biologie cellulaire et moléculaire.

Les États du pays ont imposé différentes mesures de restrictions : depuis lundi soir Delhi est confinée pour une semaine, tous les magasins non essentiels ont été fermés dans le Maharashtra et l'État d'Uttar Pradesh, qui compte 200 millions d'habitants, impose un confinement pendant le week-end. Le confinement de Delhi a incité des dizaines de milliers de travailleurs migrants à fuir la mégapole, rappelant la crise humaine et économique de l'an dernier.

Le pays déplore désormais plus de 182.000 morts de la pandémie et 15,6 millions de contamination, conduisant Narendra Modi à intervenir pour la première fois à la télévision depuis l'explosion des chiffres. Reconnaissant que l'Inde et ses 1,3 milliard d'habitants livraient "une nouvelle fois une grosse bataille", il a demandé à ses compatriotes d'agir davantage contre le coronavirus afin d'éviter de nouveaux confinements, alors que cette deuxième vague épidémique a frappé le pays "comme un ouragan".

S. V. avec AFP