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Russes, Chinois et Américains montrent leurs muscles autour de la Corée du Nord

Les avions américains et sud-coréens à la manœuvre au dessus de la péninsule coréenne.

Les avions américains et sud-coréens à la manœuvre au dessus de la péninsule coréenne. - handout / South Korean Defence Ministry / AFP

Tandis que les Etats-Unis envoient des avions survoler la péninsule coréenne, des manœuvres sino-russes ont lieu en mer. Pas de quoi apaiser des tensions diplomatiques qui vont crescendo.

La Corée du Nord s'emploie à cristalliser les tensions autour d'elle, et y réussit. En répondant vendredi aux sanctions de l'ONU, que même son allié chinois a signées, par un tir de missile au-dessus du Japon, Kim Jong-un souffle sur les braises. Le feu couve entre d'une part, les Russes et Chinois et d'autre part, les Américains et les Sud-Coréens.

Ces derniers ont envoyé lundi deux bombardiers B-1B et quatre chasseurs furtifs F-35B survoler la péninsule coréenne. Le but, selon le ministère sud-coréen de la Défense: "Démontrer les capacités de dissuasion de l'alliance américano-sud-coréenne contre les menaces nucléaires et balistiques nord-coréennes."

Pour autant, le même ministère évoque "un entraînement de routine" mené par les appareils américains conjointement avec quatre chasseurs sud-coréens F-15K. Reste qu'il s'agit des premiers survols dans cette zone depuis fin août.

Russes et Chinois en mer

Lundi également, La Chine et la Russie ont entamé de leur côté des manœuvres militaires conjointes dans des eaux situées non loin de la Corée du Nord. La marine chinoise est arrivée le même jour à Vladivostok, grande cité portuaire russe située près de la frontière nord-coréenne, a indiqué le ministère chinois de la Défense dans un communiqué.

Les exercices militaires se déroulent entre la ville côtière et des eaux situées plus au nord, selon la même source. Les armées chinoise et russe mènent régulièrement des exercices militaires conjoints. Les derniers se sont déroulés en juillet en mer Baltique. Le ministère chinois de la Défense n'a pas précisé l'objectif ni la durée des manœuvres de cette semaine.

Ces exercices interviennent moins d'un mois après le sixième essai nucléaire réalisé par la Corée du Nord (3 septembre) et ses deux tirs de missiles balistiques au-dessus du Japon (29 août et 15 septembre). Le régime nord-coréen justifie ses ambitions militaires par la nécessité de se protéger des Etats-Unis.

Offensive diplomatique américaine en vue

Après le vote lundi dernier d'un huitième train de sanctions économiques contre Pyongyang, l'administration Trump porte l'offensive sur le terrain diplomatique. Elle ne devait pas manquer de demander jeudi, lors de la réunion du Conseil de sécurité, une pleine application des mesures de rétorsion adoptées.

La Russie soutient la proposition chinoise d'un "double moratoire": un gel des tests atomiques et de missiles de la Corée du Nord, en échange d'une suspension des exercices militaires conjoints des Etats-Unis et de la Corée du Sud, que Pékin accuse d'exacerber les tensions régionales.

L'ambassadrice américaine auprès des Nations Unies, Nikki Haley, a rejeté cette offre, estimant que "seules les mesures les plus fortes possible nous permettront de résoudre ce problème par la diplomatie". Une vue partagée par le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, pour qui la seule démarche possible est la pression par les sanctions. Le bras de fer continue.

David Namias et AFP