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"Petit gros", "homme-fusée", "gâteux dérangé": comment Donald Trump et Kim Jong-un s'invectivent

Donald Trump et Kim Jong-Un

Donald Trump et Kim Jong-Un - Mandel Ngan, Ed Jones-AFP

"Petit homme-fusée", "chien enragé", "gâteux mentalement dérangé" ou encore "petit gros": les échanges d'amabilité entre le président américain et le dictateur nord-coréen sont à l'image des relations entre les deux pays, tendus.

Guerre des mots entre Donald Trump et Kim Jong-un. Le président américain et le dictateur nord-coréen ne cessent de se brocarder par médias interposés. Dernière invective en date: le locataire de la Maison blanche l'a désigné jeudi comme le "petit homme-fusée" - "Little Rocket Man" - après le nouveau tir de missile balistique intercontinental qui s'est écrasé au large du Japon.

En plus de franchir une distance de 1.000 kilomètres, le missile s'est élevé de 4.500 kilomètres d'altitude, soit dix fois plus haut que la Station spatiale internationale. Ce qui fait de ce tir le plus puissant que Pyongyang ait jamais réussi à effectuer. La Corée du Nord a d'ailleurs assuré être en mesure de frapper n'importe où aux États-Unis

Washington, par la voix de son ambassadrice à l'ONU, a alors menacé la Corée du Nord d'une "destruction complète". Au début du mois de novembre, Donald Trump s'était déjà dit prêt à utiliser l'option militaire "si nécessaire"

  • "Homme-fusée" contre "chien enragé"

Le 19 septembre dernier, Donald Trump avait déjà à la tribune des Nations unies évoqué l'"homme-fusée" qui s'était embarqué dans "une mission-suicide". Il avait alors menacé de "détruire totalement" le "régime vicieux" de Pyongyang. Une analogie spatiale employée deux jours plus tôt sur Twitter.

En réponse à ce dernier quolibet, Kim Jong-un a de nouveau qualifié le locataire de la Maison Blanche de "chien enragé". Ce n'est en effet pas la première fois que le troisième représentant de la dynastie Kim file la métaphore canine.

À plusieurs reprises par le passé, il a évoqué ses ennemis - les États-Unis le plus souvent - comme des "chiens enragés" méritant d'être "battus à mort à coups de bâton". Des propos qui ont été repris par Donald Trump. Il a lui aussi emprunté l'épithète canine, assurant que Kim Jung-un était "un chien dérangé".

  • "Gâteux mentalement dérangé" versus "fou"

La question de la démence est régulièrement au cœur de la surenchère verbale des deux leaders. En septembre dernier, le Nord-Coréen a qualifié l'Américain de "gâteux mentalement dérangé". Le président américain avait ensuite répliqué sur Twitter, le présentant "de toute évidence" comme un "fou".

  • "Vieux" contre "petit gros"

Mi-novembre, Donald Trump a trouvé une nouvelle manière d'évoquer le dictateur nord-coréen qui l'aurait attaqué, assurait-il, sur son âge. Le qualifiant de "petit gros", le chef d'État américain déclarait pourtant vouloir "être son ami".

"Pourquoi Kim Jong-Un m'insulterait-il en me traitant de 'vieux' alors que je ne le traiterai JAMAIS de 'petit gros'? Bon sang, j'essaie tellement d'être son ami, peut-être qu'un jour ça arrivera!" a-t-il tweeté.

Lors de sa tournée en Asie, le locataire de la Maison Blanche avait dénoncé la "dictature perverse" de Corée du Nord ne pouvant pas "faire chanter le monde". Une tournée que n'avait pas goûtée Pyongyang. La Corée du Nord avait accusé le président américain d'effectuer un voyage "va-t-en-guerre".

Antoine Bondaz, chercheur pour la Fondation pour la recherche stratégique et auteur de Corée du Nord: plongée au cœur d'un État totalitaire, estimait pour Le Parisien que cette escalade verbale est inédite.

"Au-delà d'un conflit entre deux régimes, le chef suprême met en scène un conflit presque personnel entre deux dirigeants. En terme de communication internationale, cela revient à décrédibiliser Donald Trump, voire à le ridiculiser."
Céline Hussonnois-Alaya