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Ingérence russe: "la vérité n'est pas la vérité" assure l'avocat de Donald Trump 

Rudy Giuliani, le 9 décembre 2016.

Rudy Giuliani, le 9 décembre 2016. - Eduardo Munoz Alvarez - AFP

Rudy Giuliani a affirmé ce dimanche à la télévision américaine que "la vérité n'est pas la vérité", alors qu'un journaliste l'interrogeait sur les soupçons d'ingérence russe dans l'élection de 2016.

" La vérité n'est pas la vérité" a assuré l'avocat du président américain Donald Trump ce dimanche matin à un journaliste de la chaîne NBC qui l'interrogeait sur l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur les soupons d'ingérence russe dans l'élection américaine de 2016.

Interviewé par le journaliste Chuck Todd pour l'émission "Meet the press", l'avocat Rudy Giuliani a reconnu que la réunion ayant eu lieu en 2016 entre l'équipe de campagne de Donald Trump et une avocate russe était "destinée à obtenir des informations sur (Hillary) Clinton". Rudy Giuliani a également indiqué qu'il ne laisserait pas Robert Mueller pousser Donald Trump à témoigner, de peur que les enquêteurs ne piègent le président et ne le poussent au mensonge.

"Cela va devenir un mauvais meme"

Lorsque le journaliste l'interroge sur la tenue d'une réunion qui aurait eu lieu à la Trump Tower en 2016, Rudy Giuliani reconnaît: "Et bien la réunion était à l'origine destinée à obtenir des informations sur (Hillary) Clinton."

Le journaliste de NBC Chuck Todd l'interrompt alors pour lui faire remarquer "ce qui est en soi une tentative de collusion...", ce à quoi l'avocat répond par la négative, avant de poursuivre: 

"C'était l'intention initiale de la réunion. Mais il s'est avéré que la réunion s'est déroulée sur un autre sujet, il n'en a pas été question du tout. Et, bien-sûr, n'importe quelle équipe de campagne serait intéressée par une réunion permettant d'obtenir des informations sur ses adversaires. Si quelqu'un vous disait, 'j'ai des informations sur votre adversaire', vous iriez à cette réunion".

L'avocat continue: "Ecoutez, je ne vais pas le pousser à témoigner pour qu'il se retrouve forcé à se parjurer. Et si vous me dites 'il devrait témoigner pour donner sa version de la vérité et qu'il n'a pas à s'inquiéter, et bien c'est idiot parce qu'il s'agira de l'un des versions de la vérité. Et non pas de la vérité-même."

Interloqué et visiblement perplexe, le journaliste objecte à l'avocat du président américain: "La vérité est la vérité." Mais pour Rudy Giuliani, "non, la vérité n'est pas la vérité." Le journaliste Chuck Todd conclura la saisissante séquence en demandant une dernière fois "la vérité n'est pas la vérité? Réalisez-vous que cela va devenir un mauvais meme ? (un détournement humoristique sur Internet)".

"Tout le temps pratiqué en politique" se défend Trump

Et comme l'avait prédit le journaliste américain, quelques heures seulement après la séquence télévisée, les internautes se sont déjà emparés de la petite phrase de Rudy Giuliani, pour la tourner en dérision.

Donald Trump nie depuis le début les accusations, portées par ses adversaires, de collusion de son équipe de campagne de 2016 avec des responsables russes et d’obstruction à la justice. Il considère l’enquête du procureur spécial comme une machination contre sa présidence et appelle à ce qu’elle prenne fin.

Au début du mois, Donald Trump avait donné une version différente de celle donnée par son avocat ce dimanche dans un tweet. Il avait affirmé, véhément: "c’était une réunion ayant pour but d'obtenir des informations sur un adversaire, c'est totalement légal et tout le temps pratiqué en politique - et cela n’a rien donné. Je n'étais pas au courant! ".

L'ancien avocat du président américain Michael Cohen avait déjà affirmé à la fin du mois de juillet que Donald Trump avait approuvé la tenue de la réunion à la Trump Tower avec l'avocate russe Natalia Veselnitskay, mais qu'ils avaient discuté de l'adoption d'enfants russes par des Américains..

Le 29 juillet dernier, Donald Trump avait considéré l'enquête du procureur Robert Mueller comme "totalement discréditée", en accusant le magistrat d'avoir des "conflits d'intérêts" qui l'empêcheraient de mener à bien l'enquête en question.

J.B