BFMTV

Un second manifestant noir frappé et expulsé d'un meeting de Trump

Le milliardaire Donald Trump, candidat à l'investiture du parti républicain pour la présidentielle américaine de 2016, lors d'un précédent meeting à Concord, en Caroline du Nord, le 7 mars.

Le milliardaire Donald Trump, candidat à l'investiture du parti républicain pour la présidentielle américaine de 2016, lors d'un précédent meeting à Concord, en Caroline du Nord, le 7 mars. - Sean Rayford - Getty Images North America - AFP

Venu assister par curiosité à un meeting du milliardaire, un étudiant noir de 20 ans explique avoir été pris pour cible par la sécurité uniquement en raison de sa couleur de peau. Filmant sa reconduite à l'entrée avec son téléphone, il a également été frappé et insulté par un homme blanc qui se trouvait dans la foule.

Un deuxième manifestant noir a été pris pour cible pendant le meeting de Donald Trump à Fayetteville, en Caroline du Nord, mercredi soir dans le sud-est des Etats-Unis. Rapidement après ce rassemblement organisé par le milliardaire candidat à l'investiture du parti républicain pour la présidentielle américaine, une vidéo avait été mise en ligne, montrant un jeune opposant noir se faire menotter par la sécurité alors qu’il venait d’être violemment frappé par un supporter.

Or, on apprend qu'un incident similaire s'est produit au même endroit, le même soir: Adedayo Adeniyi, un étudiant à l’East Carolina University a été évacué par la sécurité, selon lui uniquement en raison de sa couleur de peau. Et alors qu’on l’escortait dehors, il a été frappé au visage et insulté par un participant.

"Coupable par association"

La vidéo tournée par le jeune homme de 20 ans avec son téléphone n’est pas de très bonne qualité, mais on l’entend répondre aux agents de sécurité qui lui demandaient, en même temps qu'à d'autres personnes, de partir: "Ce n’est pas moi, c’est eux. Je ne les connais même pas. Je ne les connais même pas. Oh mon dieu. Je n’ai rien fait."

Adedayo Adeniyi s’était rendu seul à ce meeting, rapporte le New York Daily News. Pas pour protester ni pour entreprendre une quelconque action, comme c’était le cas de l’opposant noir lui aussi violenté, mais par simple curiosité.

"J’étais là seulement pour voir et vivre ce moment surréaliste où quelqu’un comme Trump est candidat à la présidence et parle à des milliers de gens", raconte-t-il au quotidien américain.

L’étudiant, sommé de quitter les lieux alors qu’il n’avait pas dit un mot depuis le début de la soirée, affirme avoir été visé par la sécurité seulement en raison de sa couleur de peau.

"Au début, j’ai refusé de partir parce que c’était juste le résultat du fait d’être noir à un rallye de Trump. En gros, dans cet environnement, je suis coupable par association. Mais le bon sens m’a fait me dire de simplement écouter les flics et d’avancer", explique-t-il.

Un incident qui lui a fait "perdre foi en l’Amérique"

Mais ce qui s’est passé ensuite lui a fait "perdre foi en l’Amérique", confie encore Adedayo Adeniyi. A partir de 2 minutes 35 sur la vidéo, on voit un homme blanc en costume cravate lui lancer "Va te faire foutre" à trois reprises avant de frapper dans sa direction.

"L’homme à la fin de cette vidéo, c’est un moment que je n’oublierai jamais. La haine dans ses yeux. Les mots. La haine dans ses mots. La gifle. C’était dégoûtant et triste", se souvient-il. "A ce moment là, j’ai pensé que l’Amérique resterait et continuerait à être un pays haineux et fanatique."

Pour le jeune homme, en s’autorisant des propos "racistes", Donald Trump a libéré la violence chez ses partisans.

"Ce sont des meetings présidentiels. Je n’étais pas dans un meeting du Ku Klux Klan. Le fait que j’ai vécu de la haine au meeting d’un candidat vous révèle tout ce que vous devez savoir sur Donald Trump et les gens qui le soutiennent", estime Adedayo Adeniyi. "Les gens vont agir de manière plus haineuse et raciste dans des environnements où ils sentent qu’ils sont non seulement encouragés à le faire, mais où cela est accepté comme étant normal."

V.R.