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Quel démocrate osera s’opposer à Hillary Clinton?

Hillary Clinton et Joe Biden, s'entretenant ici dans le Bureau Ovale d'Obama, pourraient s'affronter pour prendre sa place.

Hillary Clinton et Joe Biden, s'entretenant ici dans le Bureau Ovale d'Obama, pourraient s'affronter pour prendre sa place. - Jawel Samad - AFP

Alors que les candidatures se multiplient du côté républicain, aucun des grands noms du parti démocrate ne se présente aux primaires face à Hillary Clinton. Mais de nombreux électeurs démocrates voudraient voir un candidat s’opposer à elle sur sa gauche.

Sa campagne pourrait coûter 2,5 milliards de dollars, son équipe de campagne réunit tous les grands stratèges du parti démocrate, elle a huit ans d’expérience à la Maison Blanche, trois ans aux affaires étrangères et le soutien d’Obama… Hillary Clinton, désormais officiellement candidate pour être la prochaine Président des Etats-Unis, impressionne.

Résultat, aucun des grands noms de son parti n’ose pour l’instant s’opposer à elle lors des primaires démocrates, qui auront lieu l’année prochaine. Alors que douze Républicains se battent pour l’investiture, seuls trois Démocrates évoquent ouvertement l’idée de s’opposer à Hillary. 

Mais 72% des Démocrates et des votants non-alignés voudraient voir "un adversaire sérieux" s’opposer à elle pendant les primaires, selon un sondage Bloomberg.

Des liens avec Wall Street critiqués

Certains attendaient une candidature du vice-président de Barack Obama, Joe Biden, connu pour son franc-parler. Pour l’instant, il réserve sa décision pour l’été. Ses derniers déplacements pour défendre le bilan économique d’Obama correspondent aux Etats où auront lieu les premières primaires démocrates. Mais ce vétéran démocrate a laissé Hillary Clinton rafler tous les stratèges du parti, et rentrer dans la course pourrait être difficile à ce stade.

A la gauche des démocrates, beaucoup espéraient la sénatrice Elizabeth Warren, qui s’est fait la voix d’Occupy Wall Street à Washington. Cette universitaire n’hésite pas à critiquer la politique gouvernementale. La publication d’un livre intitulé Une chance de se battre cette année sonnait comme une entrée dans l’arène.

Si elle a depuis nié toute velléité présidentielle, elle a salué la candidature de Martin O’Malley. Ancien gouverneur du Maryland, il s’attaque régulièrement à Wall Street et au monde de la finance. Il reste cependant proche d’Hillary Clinton, avec qui il a travaillé.

Hillary "ne devrait pas être président"

Le débat est plus dur avec Lincoln Chafee. Il a rejoint le parti démocrate en 2013, après avoir été Républicain jusqu’en 2007. Lui qui était le seul élu de droite à avoir voté contre la guerre en Irak estime que "quelqu’un qui a voté pour l'intervention [comme Hillary l’a fait] ne devrait pas être président, et ne devrait certainement pas être le candidat démocrate".

Jim Webb, ancien ministre de la Marine de Reagan, attaque aussi le bilan de politique étrangère des années Clinton. "Nous n’avons pas eu de ligne claire en politique étrangère depuis la fin de la guerre froide", a-t-il lancé, avant de rappeler qu’il prévoyait dès 2002 que la guerre en Irak serait une "bourde stratégique".

Les stratèges d'Obama coachent Clinton

Pour l’instant, ces trois candidats sont très loin d’Hillary dans les sondages. Mais elle ne fanfaronne pas pour autant. Le souvenir de sa défaite en 2008 reste cuisant. Après avoir annoncé sa candidature dans une vidéo intitulée crânement "Je suis là, et je suis là pour gagner", la candidate avait vingt points d’avance contre Barack Obama fin décembre 2007. Six mois plus tard, elle lui concédait la victoire.

Hillary Clinton ne compte pas faire deux fois les mêmes erreurs: elle a passé un après-midi avec David Plouffe, directeur de campagne d’Obama en 2008, qui a expliqué par le menu à la candidate comment il l’avait battue, raconte l'agence AP.

Mais personne ne croit à une défaite d’Hillary aux primaires: Bob Shrum, qui a conseillé les campagnes de "tous les candidats démocrates qui ne s’appellent pas Clinton depuis vingt ans", résume le site Politico, estime que "si elle reste en bonne santé et qu’elle tient la campagne qu’elle tient déjà, je ne vois personne pour la battre".