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Présidentielle américaine: l'allusion obscène de Donald Trump en plein débat télévisé

Le favori dans la course à l'investiture républicaine a fait une allusion graveleuse lors d'un débat télévisé diffusé jeudi soir par Fox News, provoquant la consternation générale parmi les observateurs de la politique américaine.

Jeudi soir, le moment très gênant de la campagne présidentielle américaine a été offert par Donald Trump. Le magnat de l'immobilier a fait baisser le niveau de la campagne électorale d'un cran avec une allusion graveleuse, lors d'un nouveau débat télévisé organisé par Fox News, qui se tenait jeudi à Detroit entre les quatre candidats républicains aux primaires. Du jamais vu dans l'histoire des débats présidentiels.

"Regardez ces mains. C'est des petites mains?"

Le milliardaire et favori de l'investiture républicaine s'en est pris au sénateur de Floride Marco Rubio, qui le week-end dernier l'avait provoqué en se moquant de l'attention qu'il porte à son apparence, et de la taille supposée petite de ses mains.

"Regardez ces mains. C'est des petites mains?, a demandé Donald Trump à l'auditoire. "Il a parlé de mes mains en sous-entendant que si elles étaient petites, autre chose devait être petit. Je vous garantis qu'il n'y a aucun problème", a poursuivi le milliardaire, déclenchant l'hilarité dans la salle du débat, et la consternation sur les réseaux sociaux.

Trump attaqué sur sa carrière d'homme d'affaires

Une fois cet étrange dialogue passé, le débat est devenu plus virulent entre Marco Rubio et Donald Trump, notamment sur la carrière d'homme d'affaires du promoteur immobilier.

Le sénateur de Floride l'a accusé d'avoir délocalisé des emplois au Mexique et en Chine, notamment pour sa ligne de vêtements, et s'est attelé à saper sa réputation en insistant sur les faillites de certains de ses casinos, ou les entreprises ratées de l'empire Trump.

"Vous n'avez jamais employé une personne de votre vie. J'ai employé des dizaines de milliers de personnes", a répondu Donald Trump, sur la défensive alors que des publicités négatives commencent à l'attaquer dans le grand Etat de Floride, qui votera le 15 mars. "Vous vous souvenez de la vodka Trump, ou des steaks Trump?" a répliqué Marco Rubio, que Donald Trump a appellé "petit Marco".

Un front commun des républicains contre Trump

Le favori des sondages et des urnes peine à persuader l'ensemble des conservateurs qu'il est bien l'un des leurs. Ted Cruz, sénateur ultra-conservateur du Texas, a rappelé que Donald Trump avait envoyé dix chèques à diverses campagnes de la démocrate Hillary Clinton dans le passé. "C'était pour les affaires", a justifié l'intéressé.

Aux yeux des républicains, un doute est également venu s'installer sur sa position exacte sur l'immigration clandestine. Donald Trump aurait dit au New York Times, lors d'une rencontre "off", qu'il serait flexible sur le sort des clandestins, qu'il a publiquement promis d'expulser. Pressé de toutes parts, il a refusé à plusieurs reprises d'autoriser le quotidien à diffuser l'enregistrement.

Mais Donald Trump a insisté sur ses qualités de "leader" et son pragmatisme. Il a changé en direct sa position sur les fusils d'assaut (qu'il ne veut plus interdire) et les visas pour les étrangers hautement qualifiés (dont il veut augmenter le nombre). "J'ai un noyau très solide", a-t-il assuré face aux attaques, "mais je n'ai jamais vu quelqu'un réussir sans un degré de flexibilité". 

Journée agitée au sein du Grand Old Party 

Le débat concluait une journée mouvementée pour le parti républicain, divisé sur l'ascension irrésistible de l'homme d'affaires new yorkais. Quelques heures plus tôt, le candidat républicain à la présidentielle de 2012, Mitt Romney, avait pris la tête de la contre-offensive, sortant de sa réserve dans un discours accablant jeudi. "Donald Trump est un charlatan, un imposteur. Ses promesses ne valent pas mieux qu'un diplôme de l'Université Trump. Il prend les Américains pour des pigeons", avait-il déclaré.

Pour l'heure, Donald Trump a remporté dix des 15 premières consultations des primaires, depuis le 1er février. 

Adrienne Sigel, avec AFP