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Polémique à Harvard après la publication d'un photomontage d'Anne Frank en bikini

Plaque commémorative en hommage à Anne Frank, sur le site du camp de concentration de Bergen-Belsen, en Allemagne

Plaque commémorative en hommage à Anne Frank, sur le site du camp de concentration de Bergen-Belsen, en Allemagne - NIGEL TREBLIN / AFP

La direction du journal satirique de la prestigieuse université américaine a été contrainte de présenter des excuses publiques, après l'ouverture d'une pétition en ligne qui dénonce "le racisme, l'élitisme et la misogynie récurrente de cette publication".

"Voilà à quoi Anne Frank aurait ressemblé si elle n'était pas morte". Fondé en 1876, le magazine satirique de l'université américaine d'Harvard, baptisé le Harvard Lampoon, n'a pas fait l'unanimité en publiant dans son édition du dimanche 12 mai un photomontage d'Anne Frank en bikini, destiné à illustrer "les possibilités des technologies de vieillissement virtuel".

Cette image en noir et blanc, qui montre un corps de bimbo en maillot de bain échancré avec le visage de la jeune Allemande morte dans le camp de concentration de Bergen-Belsen en 1945, était accompagnée de la légende: "A ajouter sur votre liste des raisons pour lesquelles l'Holocauste, c'est naze". 

Une pétition et des excuses

Face à la colère de nombreux étudiants et de responsables d'associations juives, et après le lancement d'une pétition en ligne, la direction du magazine a publié mardi des excuses publiques. "Nous nous sommes rendu compte de l'ampleur de l'infraction que nous avons commise et avons conscience que nous devons assumer la responsabilité de nos actes", assure la rédaction dans un communiqué.

"A titre individuel mais aussi collectif, nous souhaitons présenter nos excuses pour notre négligence en ayant accepté la publication de cette image dans notre dernier numéro. Nous sommes désolés pour la peine que nous avons pu causer. Enfin, nous souhaitons rappeler que Lampoon condamne toute forme d'antisémitisme", poursuivent les signataires.

Les éditeurs de la publication promettent par ailleurs de réformer leur procédure de relecture pour les prochaines éditions afin d'"empêcher toute nouvelle publication de ce type".

Mélanie Rostagnat