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HWR dénonce le FBI qui a aidé des musulmans à commettre des attentats

Un véhécule du FBI (illustration)

Un véhécule du FBI (illustration) - -

Un rapport de Human Rights Watch revient sur les méthodes controversées du FBI en matière de lutte contre le terrorisme. HRW confirme que le FBI pourrait "avoir créé des terroristes chez des individus respectueux de la loi en leur suggérant l'idée de commettre un acte terroriste".

Les méthodes ne sont pas nouvelles. Le FBI a "encouragé, poussé et parfois même payé" des musulmans américains pour les inciter à commettre des attentats. Des opérations de filatures et clandestines ont été montées de toutes pièces après le 11-Septembre, confirme Human Rights Watch dans un rapport publié de lundi.

En 2012 déjà, la presse américaine avait évoqué les lourds soupçons qui pesaient sur les agents fédéraux. Amine El Khalifi, un immigré marocain avait été arrêté par le FBI en février près du Congrès avec une bombe, avant que l'on apprenne que cette bombe était factice et avait été fourniée par le FBI.

La même année, Quazi Nefis, 21 ans, est arrêté par le FBI parce qu'il prévoyait un attentat contre la ré réserve fédérale américaine. Là encore, Les services secrets américains se sont rapprochés du suspect pour l’aider à monter son attentat, en lui fournissant du matériel pour qu’il construise la bombe qu’il comptait faire exploser à New York.
>> A lire aussi: notre interview d'un spécialiste du renseignement lors de l'interpellation de Quazi Nafis.

27 affaires étudiées en détail

Et ces cas seraient loin d'être isolés. Dans nombre des plus de 500 affaires de terrorisme conduites par les tribunaux américains depuis le 11 septembre 2001, "le ministère américain de la Justice et le FBI ont ciblé des musulmans américains dans des opérations clandestines de contre-terrorisme abusives, fondées sur l'appartenance religieuse et ethnique", dénonce ce rapport de l'organisation Human Rights Watch (HRW) étayé de nombreux exemples.

L'organisation aidée de l'Institut des droits de l'homme de l'Ecole de droit de l'Université de Columbia a en particulier étudié 27 affaires, et interviewé 215 personnes, qu'il s'agisse des inculpés ou condamnés eux-mêmes ou de leurs proches, d'avocats, juges ou procureurs.

"Dans certains cas, le FBI pourrait avoir créé des terroristes chez des individus respectueux de la loi en leur suggérant l'idée de commettre un acte terroriste", résume un communiqué, estimant que la moitié des condamnations résultent de coups montés ou guet-apens. Dans 30% des cas, l'agent infiltré a joué un rôle actif dans la tentative d'attentat.

Payés pour commettre des actes terroristes?

"On a dit aux Américains que leur gouvernement assurait leur sécurité en empêchant et en punissant le terrorisme à l'intérieur des Etats-Unis", a déclaré Andrea Prasow, l'un des auteurs du rapport. "Mais [...] nombre de ces personnes n'auraient jamais commis de crime si les forces de l'ordre ne les avaient pas encouragées, poussées, et parfois même payées pour commettre des actes terroristes".

L'étude cite notamment les "quatre de Newburgh", accusés d'avoir planifié des attentats contre des synagogues et une base militaire américaine, alors que le gouvernement avait, selon un juge, "fourni l'idée du crime, les moyens, et dégagé la voie" et transformé en "terroristes" des hommes "dont la bouffonnerie était shakespearienne". Selon HRW, le FBI a aussi souvent ciblé des personnes vulnérables, souffrant de troubles mentaux et intellectuels.

Le rapport cite également le cas de Rezwan Ferdaus, condamné à 17 ans de prison à l'âge de 27 ans pour avoir voulu attaquer le Pentagone et le Congrès avec des mini-drones bourrés d'explosifs. Un agent du FBI avait dit de Ferdaus qu'il avait "de toute évidence" des problèmes mentaux, mais le plan avait été entièrement conçu avec le policier infiltré.

A. D. avec AFP