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Grève de la faim sans précédent à Guantanamo

Près de 130 détenus de la prison de Guantanamo sont en grève de la faim depuis plus de 12 semaines pour dénoncer leurs conditions de détention.

Près de 130 détenus de la prison de Guantanamo sont en grève de la faim depuis plus de 12 semaines pour dénoncer leurs conditions de détention. - -

Les autorités militaires américaines ont annoncé lundi l'arrivée de renforts médicaux à la prison de Guantanamo, où une grève de la faim sans précédent par sa durée et son ampleur fait craindre le pire.

"À moins que le président Obama n'agisse vite, il est probable qu'un ou plusieurs détenus succombe". C'est ce qu'a déclaré un ancien procureur militaire de la prison de Guantanamo, où près de 130 détenus sont en grève de la faim depuis plus de 12 semaines.

Devant une telle situation, sans précédent par son ampleur et sa durée, de plus en plus de voix s'élèvent pour que le président Obama honore sa promesse de fermer la prison controversée, où 166 détenus sont toujours enfermés.

Lles autorités militaires ont annoncé lundi l'arrivée de renforts médicaux à Guantanamo. Quelque 21 prisonniers sont désormais alimentés par des tubes reliés directement à l'estomac par la cloison nasale. Et parmi eux, cinq étaient hospitalisés.

Une détention sans inculpation ni procès

"C'est le droit des détenus de protester. Cependant, c'est notre mission de leur fournir un environnement sain, humain et sûr et nous ne laisserons pas nos prisonniers mourir de faim", a indiqué un porte-parole de la prison. Il a précisé "qu'aucun détenu n'était près de mourir", démentant formellement les allégations du journaliste et historien spécialiste de Guantanamo Andy Worthington. "Quatre prisonniers sont proches de la mort", a écrit l'expert britannique, citant une "source crédible à l'intérieur de Guantanamo".

Vendredi, la Maison Blanche avait indiqué qu'elle continuait à "suivre de près" la grève de la faim, réaffirmant "l'engagement du président Barack Obama à fermer la prison".

Selon les avocats, le mouvement a été déclenché le 6 février quand des corans avaient été examinés d'une manière que les prisonniers ont jugé blasphématoire. Mais la plupart des protestataires dénoncent maintenant plus largement leur détention illimitée depuis 11 ans, sans inculpation ni procès.


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