BFMTV

Venezuela: une pénurie de préservatifs fait exploser les prix

Des Vénézuéliens font la queue devant une pharmacie, alors que le pays fait face à une pénurie de produits.

Des Vénézuéliens font la queue devant une pharmacie, alors que le pays fait face à une pénurie de produits. - Federico Parra - AFP

Mis à mal par la baisse des revenus du pétrole, le Venezuela peine à importer certains produits de première nécessité, comme les préservatifs. Les autorités s'inquiètent d'une recrudescence de l'épidémie de sida.

Le Venezuela est le troisième pays d'Amérique latine le plus touché par le sida. Pourtant, les préservatifs sont devenus un produit extrêmement rare et cher. La situation économique du pays est telle en effet que le prix d'un "condón" peut atteindre les 20 euros l'unité.

Luis Acuna, pharmacien à Caracas, témoigne de cette pénurie, qui contribue à la flambée des prix. "Nous ne sommes plus livrés. D'habitude, cette étagère est remplie, mais aujourd'hui, voici tout ce qu'il nous reste", regrette le pharmacien en montrant une poignée de quelques préservatifs. La situation est la même dans les hôpitaux, les supermarchés, et les autres officines: plus personne n'est approvisionné.

Car comme beaucoup d'autres produits au Venezuela, les préservatifs sont importés, notamment des Etats-Unis. Le pays base toute son économie sur le pétrole, et avec la baisse des revenus de l'or noir, les importations de produits sont mises à mal, et l'inflation affiche le taux record de 64% par an. Conséquence, le "condón" est devenu un produit de luxe. Une situation qu'avait connu Cuba en mai dernier.

Une boîte vendue 660 euros

La boîte de préservatifs peut atteindre des prix rocambolesques, comme le fait remarquer Bloomberg, qui a repéré cette annonce sur "Mercado Libre", site de vente en ligne: une boîte de 40 "preservativos" vendue 4.760 bolivars, soit 667 euros. Avec un salaire moyen de 5.600 bolivars, soit 785 euros, le produit, en plus d'être rare, est hors de portée de la majorité des bourses. 

"Le fait qu’il n’y ait plus de préservatifs sur le marché provoque une situation problématique. Les gens n’ont plus de moyens de protection contre les maladies sexuellement transmissibles. Mais ils n’ont également plus de méthode de contraception. Ils doivent se tourner vers d’autres méthodes, par forcément très disponibles non plus", explique Magdimar Leon, responsable de l'ONG Avesa, qui défend le droit des femmes et travaille à l'éducation sexuelle des habitants. Une situation dramatique sur le plan sanitaire, pour un pays très touché par le sida et les grossesses adolescentes non désirées.

A. G. avec Rim Bey