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Cuba face à une pénurie de préservatifs

Dans une pharmacie de La Havane, la capitale cubaine, en novembre 2013. (photo d'illustration)

Dans une pharmacie de La Havane, la capitale cubaine, en novembre 2013. (photo d'illustration) - -

Régulièrement victime de pénuries de produits du quotidien, l'île caribéenne fait face, depuis plusieurs semaines, à un manque de préservatifs.

Qu'il s'agisse de produits de première nécessité, comme le papier toilette, ou d'hygiène, comme le savon et le déodorant, mais aussi de denrées alimentaires de base, les pénuries sont monnaie courante à Cuba. Mais depuis plusieurs semaines, l'île des Caraïbes fait face à un problème plus important: une pénurie de préservatifs sur les étals des pharmacies. A tel point que les autorités sanitaires s'inquiètent d'une recrudescence du VIH dans ce pays au faible taux d'infection, et d'une hausse des grossesses non désirées, rapporte le Guardian.

Déjà plusieurs semaines de pénurie

Les premiers manques seraient apparus à la mi-avril dans les pharmacies de la province de Villa Clara, située au centre de l'île, avant de s'étendre à une bonne partie du pays, y compris la banlieue de La Havane, la capitale. De fait, il est devenu très compliqué voire impossible pour les Cubains de se fournir en préservatifs, et les pharmaciens, désemparés, ne peuvent que constater la rupture de stock sans savoir quand ils seront réapprovisionnés.

Les rares boutiques qui disposent encore de la fameuse protection en latex sont celles qui s'adressent principalement aux touristes et aux étrangers. A 1,30 dollar l'unité (près d'un euro), soit l'équivalent du salaire quotidien moyen sur l'île, le préservatif y est vendu à prix d'or, explique le quotidien hispanophone basé à Miami, El Nuevo Herald.

Une erreur d'emballage à l'origine du problème

Selon le journal américain, l'agence cubaine du médicament a justifié le phénomène par une malfaçon sur les emballages des préservatifs de marque "Momento", fabriqués en Chine, dont la date d'expiration affichait par erreur "2012", alors qu'ils étaient en vérité utilisables jusqu'en 2014, soit cinq ans après leur fabrication.

Or, le processus de réemballage du million de préservatifs mal étiquetés avec la bonne date est très lent, ce qui expliquerait la pénurie. Ainsi, seuls 1.140 lots de trois préservatifs seraient remis sur le marché cubain chaque jour, alors que la demande est de 5.000 par jour pour la seule province de Villa Clara. Problème: les autorités sanitaires étaient au courant du problème dès 2012, mais ne tentent d'y remédier que depuis le début du mois d'avril.

Sans surprise, les médias officiels du régime ne mettent pas vraiment en avant cette réaction tardive mais indiquent aux Cubains qu'ils peuvent se procurer des préservatifs toujours étiquetés "2012" et se faire prouver leur validité jusqu'à la fin 2014 par le pharmacien, charte qualitative à l'appui, comme l'explique le journal Trabajadores, un des organes de presse officiels. De son côté, le gouvernement de Raul Castro n'a pas encore réagi au problème, dont les conséquences sur la santé publique -multiplication des infections par le VIH ou par d'autres maladies sexuellement transmissibles- pourraient être très lourdes.

Adrienne Sigel