BFMTV

République dominicaine: les Français libérés ne sont pas tirés d'affaire

Les deux pilotes français, Pascal Fauret et Bruno Odos, à leur libération, mardi 17 juin, à Saint-Domingue (République dominicaine).

Les deux pilotes français, Pascal Fauret et Bruno Odos, à leur libération, mardi 17 juin, à Saint-Domingue (République dominicaine). - -

En détention provisoire depuis plus d'un an en République dominicaine, ils ont été relâchés mardi. Ils restent néanmoins sous le coup d'un procès et ont l'interdiction de quitter le territoire.

Libres après quinze longs mois de détention provisoire. Quatre Français, soupçonnés d'être impliqués dans un trafic de cocaïne en République dominicaine, ont été remis en liberté mardi par les autorités locales. Un soulagement pour ces hommes, qui ont toujours nié les accusations dont ils faisaient l'objet. Il ne sont cependant pas tirés d'affaire.

700 kg de cocaïne à bord

Les quatre Français ont été interpellés le 21 mars 2013 à l'aéroport de Punta Cana, une station balnéaire de République dominicaine, alors qu'ils s'apprêtaient à décoller à bord d'un avion privé à destination de la France. Selon les autorités dominicaines, à bord de l'appareil se trouvaient 700 kg de cocaïne, répartis dans 26 valises.

Il s'agit des deux pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos, d'Alain Castany, un autre membre d'équipage, et du passager de l'appareil Nicolas Pisapia. Une quarantaine d'agents des douanes, de la police anti-drogue et des services migratoires ont également été arrêtés. Tous sont soupçonnés d'avoir participé à un vaste trafic de drogue.

Interdiction de quitter le territoire

En détention provisoire depuis plus d'un an, les quatre Français ont finalement été libérés sous caution mardi. Ils restent néanmoins sous le coup d'un procès: la juge Elka Reyes les a renvoyés devant la justice à l'issue de plusieurs audiences préliminaires menées ces dernières semaines, jugeant suffisantes les charges à leur encontre.

Si elle a ordonné leur liberté, c'est seulement parce que la durée légale de leur détention provisoire était dépassée. Sous contrôle judiciaire, les quatre hommes devront donc se présenter régulièrement devant la justice, et ont interdiction de quitter le territoire de République dominicaine.

"Soulagement partiel" des proches

Pour leurs proches, cette libération reste donc un "soulagement partiel", selon les mots de Sabine Fauret, l'épouse d'un des deux pilotes. Une "joie mesurée", a pour sa part réagi Philippe Heneman, le président du comité de soutien aux deux pilotes.

"Sur le plan humain, [cette décision] est un succès, car elle va leur permettre de se reconstruire", indique-t-il à BFMTV. Mais sur le plan juridique, l'avenir est moins brillant. "Toutes les preuves ont été apportées que ce vol était commercial et que la responsabilité des pilotes n'était pas engagée. Or, si cet argument avait été entendu, ils auraient été relaxés", note-t-il.

Dans un communiqué publié par son avocat, Me Karime Beylouni, la famille d'Alain Castany indique de son côté "qu'après une détention éprouvante de plus d'un an (...), cette décision met un terme à une épreuve particulièrement éprouvante". L'avocat veut pour sa part voir la remise en liberté de son client "un signe encourageant quant à l'issue finale de cette affaire."

M. T.