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Saint-Domingue: quatre Français emprisonnés sans procès depuis un an

La famille de Pascal Fauret, l'un des deux pilotes emprisonnés, à son domicile.

La famille de Pascal Fauret, l'un des deux pilotes emprisonnés, à son domicile. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Près de 700 kg de cocaïne avaient été trouvés dans leur avion d'affaires. Soupçonnés de trafic de drogue, ils crient au "guet-apens".

Cela va faire un an. Quatre Français, interpellés le 23 mars 2013 sur le tarmac de Punta Cuna, en République dominicaine, attendent toujours leur procès. Dans leur avion d'affaires, les autorités venaient de trouver près de 700 kg de cocaïne. Accusés de trafic de stupéfiants, ils ont toujours nié. Et croupissent depuis un an en détention provisoire.

Parmi eux se trouvent deux pilotes, Pascal Fauret et Bruno Odos, travaillant pour le compte d'une société d'aviation d'affaires, Trans-hélicoptère services (THS), Nicolas Pisapia, le client de THS, et Alain Castany, le pilote de renfort qui, selon Le Monde, aurait également servi d'intermédiaire entre le client et la firme.

"Piégés"

Ce dernier, joint le mois dernier par BFMTV, clame depuis sa cellule de prison que les quatre occupants de l'avion ont "été piégés". "Les bagages et le contenu ne sont pas sous la responsabilité des pilotes", souligne-t-il. "D'ailleurs, on voit que dans cette affaire, une quarantaine de douaniers et policiers [locaux] sont impliqués."

Mais le dossier traîne. En février dernier, il a été tranféré d'Higüey à Saint-Domingue. La défense veut y voir un signe encourageant, même s'il y aurait d'autres difficultés. "La juge qui a été désignée fait aujourd'hui elle-même l'objet d'une enquête... Or mes clients, eux, n'attendent qu'une chose: pouvoir clamer leur innocence", s'insurge Me Jean Reinhart, l'avocat de Bruno Odos et Pascal Fauret.

L'avocat attend toujours pour déposer une demande de remise en liberté. Depuis un an en effet, une dizaine d'audiences ont déjà été reportées.

"Ils vont de plus en plus mal"

Pour les familles, l'attente es donc insoutenable. Reçue récemment au Quai d'Orsay, Sabine Fauret, l'épouse d'un des deux pilotes, revient tout juste de République dominicaine. "Ils vont de plus en plus mal. Les aspects psychologiques et physiques se dégradent", indique-t-elle. "Cela fait un an que mon mari est en détention, et ça fait un an qu'on n'a toujours pas de date d'audience." De la France, elle attend "du concret", pas "des mots de politiques".

M. T. avec Pauline Revenaz