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Hollande à Haïti pour s'acquitter de la "dette morale" de la France

Le président haïtien Michel Martelly avec François Hollande sur le perron de l’Élysée le 31 octobre 2014.

Le président haïtien Michel Martelly avec François Hollande sur le perron de l’Élysée le 31 octobre 2014. - Alain Jocard - AFP

Le président français sera à Haïti mardi, dernière étape après Cuba d'une vaste tournée dans la Caraïbe qui avait débuté vendredi. Il se recueillera notamment devant la statue de Toussaint Louverture, père de la Révolution haïtienne.

Après Saint-Martin, Saint-Barthélémy, la Martinique, la Guadeloupe et lundi Cuba, François Hollande achève sa tournée caribéenne mardi avec une visite en Haïti. Le chef de l'État sera accompagné de près de la moitié de son gouvernement mais aussi par "des gens d'affaires, des universitaires et des spécialistes de l'environnement", a annoncé la nouvelle ambassadrice de France à Port-au-Prince, Elisabeth Beton Delègue, interrogée par Alterpresse. Et de préciser que cette visite ne sera "pas comparable à celle de Nicolas Sarkozy, déroulée dans un contexte de catastrophe au lendemain du tremblement de terre du 12 janvier 2010".

Toussaint Louverture et "dette" morale

D'après l'agenda présidentiel, François Hollande sera en premier lieu accueilli à l'aéroport de Port-au-Prince par le président haïtien Michel Martelly. Ils se rendront ensuite au Panthéon national puis iront se recueillir devant la statue de Toussaint Louverture, ancien esclave et chef de la Révolution haïtienne, avant de s'entretenir conjointement.

A ce propos, François Hollande a promis dimanche en Guadeloupe lors de son discours d'inauguration du Mémorial ACTe consacré à l'esclavage de "s'acquitter de la dette" envers l'ancienne colonie française. "Quand je viendrai à Haïti, j'acquitterai à mon tour la dette que nous avons", a-t-il dit. Une formule qui a surpris l'auditoire par son aspect équivoque.

L'entourage du président a dû préciser qu'il s'agissait uniquement d'une "dette morale" et non pas financière comme certains l'avaient compris.

Pourtant pour François Hollande la "seule dette qui doit être réglée" aux descendants d'esclaves est de "faire avancer l'humanité", restant ainsi ferme sur son refus d'une indemnisation financière. En effet, Haïti a dû verser une "rançon d'indépendance" soit l’équivalent d’une année de revenus, à la France jusqu'au milieu du XIXe siècle. En 1838, la somme été ramenée à 90 millions de francs-or (environ17 milliards d'euros). Et les Haïtiens ont fini de la payer en 1883.L'environnement 

Vers une coopération environnementale?

Autre sujet: l'environnement. Celui-ci devrait s'inviter à la table des discussions, croit savoir Altermedia. "Dans le cadre du périple de François Hollande, le président Joseph Michel Martelly sera convié à prendre part à ces réunions préparatoires sur les changements climatiques, malgré le niveau de dégradation environnementale relevé sur le territoire haïtien", écrit le média haïtien.

Dans un édito signé à quatre mains pour Libération, les écrivains haïtiens Louis-Philippe Dalembert, Yannick Lahens et Gary Victor ainsi que le journaliste Roody Edmé disent attendre beaucoup de cette visite. "Le président Hollande peut faire du discours de Port-au-Prince un point de départ pour un renforcement de la coopération dans des domaines plus que stratégiques pour Haïti comme pour la France" à savoir l’éducation, l'environnement, l’agro-industrie ou encore le tourisme alternatif.